mercredi 5 février 2014

Petit billet humoristique sur l'amour vs. le quotidien

Quand on est jeune, on pense à l’amour et on a cette idée qu’il suffit de s’aimer pour que tout fonctionne. On apprend vite que ce n’est pas le cas. On apprend vite que dans une relation, il y a des moments de malaises, de désaccords, d’incompréhension, de remise en question… On apprend aussi qu’on peut travailler, essayer de se comprendre, trouver un terrain d’entente, négocier, avancer…

Dans le quotidien, la monotonie peut vite nous aveugler et nous déconnecter l’un de l’autre, surtout quand il y a des enfants, surtout quand ils sont tout petits. Pourtant, dans ce même quotidien familial, il y a quelque chose de très précieux : l’entraide, l’équilibre. Par exemple, un travaille plus, l’autre met plus de temps sur les tâches ménagères et la cuisine, on se partage les lifts des enfants, les mille et une obligations liées à la propriété, aux véhicules (quand il y en a), les rendez-vous médicaux, etc. Cette entraide est aussi financière, ce n’est pas surprenant que les séparations laissent des plaies ouvertes dans les finances des deux partenaires, c’est une institution qui prend fin!

Après la séparation, le père de mes enfants et moi nous sommes retrouvés avec 100% du poids des obligations, une semaine sur deux. J’avoue que si j’apprécie les quelques moments de solitude fertile que beaucoup de parents à plein temps n’ont pas, les semaines avec enfants sont vraiment intenses! Imaginez, juste pour le fun, que j’aie oublié d’acheter du lait et que je m’en rende compte juste avant le souper. Il faut habiller les deux loulous, cela implique de gérer un rebelle de 23 mois qui refuse absolument d’enfiler son habit de neige et qui me le démontre en faisant une arche vers l’arrière ou en faisant le « mou » (avez-vous déjà essayé d’habiller un ver de terre avec des vêtements de Barbie? Ça vous donnera une idée…), de tolérer les récriminations critiques de mon grand de 6 ans qui n’a pas trop envie de bouger, de sortir à l’épicerie, gérer les demandes des enfants qui voudraient acheter tout ce qui est sucré, de faire semblant de ne pas voir la baboune du plus vieux qui avait BESOIN de sa tarte au sucre, bon. Déjà essouflé(e)? Et j’ai juste raconté 10 minutes de la journée J

Heureusement, je passe une partie de mon temps libre durant la semaine sans enfants à faire des réserves pour ne pas avoir à vivre ça trop souvent. N’empêche… Pas parfaite, la mère, et c’est une chance!

Bref. Cette entraide, cette répartition des tâches, ça me manque. En fait, ça me manque durant la semaine avec enfants. Durant la semaine sans, ouf, quel silence et quelle joie de me faire un horaire de loisirs et de rencontres! Quel bonheur ce célibat!

Je me suis demandée ce que je ferais si quelqu’un s’intéressait à moi et qu’il m’intéressait également… Sans blague, moi qui ai toujours valorisé la passion, la sexualité, la liberté individuelle, je me surprends à m’imaginer lui faire passer un questionnaire, oui oui, un questionnaire!

Question 1. Lorsque tu vois un sac de poubelle plein, quelle est ta réaction?
Question 2. Il y a de la neige, tu vois une pelle. Que fais-tu?
Question 3. Le siège des toilettes, c’est quoi ta position philosophique par rapport à ça?
Question 4. Comment évaluerais-tu ton habileté avec la technologie?
Question 5. Aimes-tu la viande et es-tu bon avec un BBQ?
Question 6. Te sens-tu capable d’être présent sans trop te mêler de l’éducation de mes enfants?

C’est fou! Moi, l’intellectuelle, l’existentielle, la grande amoureuse, j’aurais envie d’un partenaire du quotidien. Fuck les grands frissons. Fuck les beaux ténébreux à sauver de leur noirceur. Fuck les situations inutilement complexes.

Je ne cherche pas, de toute façon ;)