samedi 26 juillet 2014

La motivation dans l'amour

Ben oui toi. J’y pense ces temps-ci, toujours dans la foulée des grands bilans au sujet de l'amour. L’amour rêvé par l’infantile. L’amour fantasmé. L’amour dans le réel. L’amour chaos. L’amour incertitude. L’amour mélangé avec l’attrait de la chair. L’amour qu’on nomme amour juste pour ne pas être seul(e). Oserais-je m’avancer et répéter que l’amour, c’est quelque chose qu’on porte en soi, à partager et à donner? En tout cas, c’est ici que je me situe à l’heure actuelle.

Je vois passer beaucoup d’écrits sur l’amour. Beaucoup d’histoires, toutes plus intéressantes les unes que les autres. Ce qui retient mon attention, c’est le cri. La déception. Notre déception. Nous tous qui, un jour, avons idéalisé, érotisé, rêvé un amour qui n’a pas donné les fruits attendus. Mais quels fruits? L'autre est autre, bordel, pas un arbre!

Beaucoup se lamentent sur ce qu’ils n’ont pas obtenu ou vécu, mais assez peu trouvent la force de glorifier le fait d’avoir pris un risque, d’avoir essayé, sans garantie, sans maillon de sécurité. Oui oui. À moi la première pierre... Je me demande vraiment ce qui cloche dans notre temps amoureux. Il m’apparaît que beaucoup d’entre nous avons perdu le sens du travail d’équipe pour courir vers une certaine utopie, le regain du renouveau constant, l’humain comme un objet à consommer, jouir de ce qu’il nous apporte et passer au suivant pour jouir encore, et encore. J’entends des centaines de personnes lutter au quotidien et trouver ce quotidien plate et décevant, sans s’approprier le pouvoir du travail sur leur perception.

J’en viens à me demander quelle est la motivation de chacun dans sa quête amoureuse. Pour l’un, c’est de ramasser le miroir réparateur, la reconnaissance d’une valeur non bâtie de l’intérieur. Pour l’autre, c’est ne-pas-perdre. Tout ce qu’il fait n’est pas dicté par l’amour qu’il a à donner (il n'y en a pas), mais plutôt par la terreur-de-perdre, ce qui le rend assez vulnérable au jugement de l’autre et le précipite dans une ambiance malsaine dont il ignore la portée. Pour l’autre encore, c’est répéter le high des débuts, over and over again, parce que la « sécurité », le prévisible, ne sont perçues que comme des prisons inhibitrices et réductrices du soi…

Et si on se posait quelques questions très simples?

Est-ce que j’ai envie de me donner, de me dévoiler, sans garantie, sans filet?
Est-ce que j’éprouve du plaisir à donner ou suis-je anxieux-anxieuse, à craindre de perdre si fort que j’en perds le lien avec l’autre, que j’en perds le contact avec la réalité?
Est-ce que je m’aime suffisamment pour ne pas donner à l’autre le pouvoir de me détruire ou me construire?
Suis-je capable de ne pas exiger de l’autre qu’il devienne quelqu’un d’autre pour continuer à l’aimer?
Suis-je capable de faire équipe sans chercher à contrôler?
Est-ce que je pourrai tolérer l'incertitude qui vient avec le choix de s'engager?

Ça me semble si simple ici-dedans et là-dehors, c'est si compliqué.

dimanche 6 juillet 2014

Gros dilemme

Mon fils aîné part bientôt en France pour 3 semaines avec son père. J’ai un gros dilemme. Il faut dire que je suis un peu déchirée par ce départ. Non. Pas un peu. Beaucoup. Depuis que l’été est commencé, monsieur le père-de-mes-enfants a demandé 2 fois des changements à l’horaire pour camper avec fils aîné. J’apprends ensuite que c’est pour le faire avec madame-chose-blessure originelle, et ses enfants. Madame-chose est française. Donc, mine de rien, monsieur-le-père réclame son fils aîné plus souvent cet été pour passer du temps en famille reconstituée. Ben oui, ça me fait vraiment chier. Évidemment. Surtout que fils aîné, se découvrant des affinités avec fils aîné de madame-chose, dénigre et néglige son petit frère pour souhaiter passer plus de temps avec petit-issu-de-madame-chose. Étant moi-même l’aînée de 3, je comprends très bien l'idée... Comment lui en vouloir? Il veille à son intérêt et c’est bien plus amusant de passer du temps avec un enfant de son âge qu’un bambin de 2 ans… Mais je l’ai-tu dit? Ça me fait vraiment chier.

Mon dilemme est le suivant. Monsieur-le-père-de-mes-enfants s’attend à ce que je le reconduise à l’aéroport le soir du départ. Étant de nature gentille, ma première réaction est de vouloir le faire, embrasser mon fils, lui dire au revoir, être là. Mais c’est arrivé juste trop souvent que ma nature gentille soit confondue avec « paillasse ». J’ai une réserve. Pourquoi donc rendre service et faciliter un départ que je ne souhaite pas? Je suis ambivalente. Dire au revoir à mon fils et être fidèle à ma nature gentille ou préserver mon amour-propre et refuser? Surtout que ce soir-là, j’arrive en courant du boulot pour un rendez-vous très nécessaire avec ma psy et qu'en plus, j’ai mon plus jeune à ma charge… J’ai pas très envie de faire preuve d’abnégation. En fait, je veux pas le faire. Mais je pense à mon fils aîné, qui sera sûrement content et rassuré de me savoir là. Malheureusement, ce fils a un père que je souhaite oublier par-dessus tout et ça, ça complique les choses. Bordel de vie!

Comme c'est difficile parfois!