Ben oui toi. J’y
pense ces temps-ci, toujours dans la foulée des grands bilans au sujet de l'amour. L’amour
rêvé par l’infantile. L’amour fantasmé. L’amour dans le réel. L’amour chaos. L’amour
incertitude. L’amour mélangé avec l’attrait de la chair. L’amour qu’on nomme
amour juste pour ne pas être seul(e). Oserais-je m’avancer et répéter que l’amour,
c’est quelque chose qu’on porte en soi, à partager et à donner? En tout cas, c’est ici que je me situe
à l’heure actuelle.
Je vois passer
beaucoup d’écrits sur l’amour. Beaucoup d’histoires, toutes plus intéressantes
les unes que les autres. Ce qui retient mon attention, c’est le cri. La
déception. Notre déception. Nous tous qui, un jour, avons idéalisé, érotisé,
rêvé un amour qui n’a pas donné les fruits attendus. Mais quels fruits? L'autre est autre, bordel, pas un arbre!
Beaucoup se lamentent sur ce qu’ils n’ont pas obtenu ou vécu, mais
assez peu trouvent la force de glorifier le fait d’avoir pris un risque, d’avoir
essayé, sans garantie, sans maillon de sécurité. Oui oui. À moi la première pierre... Je me demande vraiment ce qui
cloche dans notre temps amoureux. Il m’apparaît que beaucoup d’entre nous avons
perdu le sens du travail d’équipe pour courir vers une certaine utopie, le
regain du renouveau constant, l’humain comme un objet à consommer, jouir de ce
qu’il nous apporte et passer au suivant pour jouir encore, et encore. J’entends
des centaines de personnes lutter au quotidien et trouver ce quotidien plate et
décevant, sans s’approprier le pouvoir du travail sur leur
perception.
J’en viens à me
demander quelle est la motivation de chacun dans sa quête amoureuse. Pour l’un, c’est
de ramasser le miroir réparateur, la reconnaissance d’une valeur non bâtie
de l’intérieur. Pour l’autre, c’est ne-pas-perdre. Tout ce qu’il fait n’est pas
dicté par l’amour qu’il a à donner (il n'y en a pas), mais plutôt par la terreur-de-perdre,
ce qui le rend assez vulnérable au jugement de l’autre et le précipite dans une
ambiance malsaine dont il ignore la portée. Pour l’autre encore, c’est répéter
le high des débuts, over and over again, parce que la « sécurité »,
le prévisible, ne sont perçues que comme des prisons inhibitrices et
réductrices du soi…
Et si on se posait
quelques questions très simples?
Est-ce que j’ai
envie de me donner, de me dévoiler, sans garantie, sans filet?
Est-ce que j’éprouve
du plaisir à donner ou suis-je anxieux-anxieuse, à craindre de perdre si fort
que j’en perds le lien avec l’autre, que j’en perds le contact avec la réalité?
Est-ce que je m’aime
suffisamment pour ne pas donner à l’autre le pouvoir de me détruire ou me
construire?
Suis-je capable de
ne pas exiger de l’autre qu’il devienne quelqu’un d’autre pour continuer à l’aimer?
Suis-je capable de faire équipe sans chercher à contrôler?
Est-ce que je pourrai tolérer l'incertitude qui vient avec le choix de s'engager?
Suis-je capable de faire équipe sans chercher à contrôler?
Est-ce que je pourrai tolérer l'incertitude qui vient avec le choix de s'engager?
Ça me semble si simple ici-dedans et là-dehors, c'est si compliqué.