Je n’ai pas choisi
le chemin le plus facile. Si je l’ai fait, c’est parce que mon expérience de
vie m’a amenée à la conclusion que le déni n’est pas une option pour moi. J’ai la
croyance que si on maintient le déni pour ne pas souffrir, la pression monte et
devient dépendances (alcool, tabac, drogues, travail, l’autre…) ou bien ça finit
par sortir sous forme de divers maux physiques débilitants. Ma croyance. Mon
expérience. Je ne prétends pas avoir trouvé de clé pour les autres, mais j’ai
trouvé la mienne. Alors j’ai regardé la bête (lire deuil) et je l’ai
chevauchée, la laissant me traîner là où ça fait mal, mais là où ça guérit
aussi. Après tout, une plaie doit bien être désinfectée avant de guérir…
Cet été, je suis
tombée sur ce texte http://urbania.ca/blog/5266/mange-dors-doux.
Il m’a bouleversée. J’ai réalisé que peu importe ce que j’ai vécu dans mes 42
ans de vie, jamais, jamais, ja-mais je n’ai perdu l’appétit! Le sommeil, oui. Au
moins toute une année après la séparation à me réveiller enragée entre 3h
et 5h du matin, incapable de me rendormir… Mais l’appétit, ça non! C’est impensable
pour moi de ne pas manger. J’en ai conclu que ça devait pas si mal aller! Cette
petite pensée, réconfortante, m’a permis de surfer sur ce qui restait de rancœur
et d’amertume pour changer de poste dans ma tête. J’ai décidé de pratiquer le doux, concrètement. Je me suis forcée à goûter mon café, j’ai pris des photos
des moments qui m’apportaient de la joie, j’ai dépassé certaines envies de
solitude pour allonger le bras et toucher ceux qui me touchent…
La sérénité a trouvé
son chemin dans mes efforts pour changer le focus. Je me suis mise à écouter,
vraiment écouter, les choses que les gens que j’aime avaient à me dire. Je me
suis rendu compte que franchement, j’ai un entourage d’une grande qualité
humaine et que s’il reste, je suis peut-être pas pire à la hauteur aussi.
Puis il y a eu le
défi. Voyant la tournure que prenait ma consommation d’alcool et les quelques
auto-mensonges qui l’accompagnaient, j’ai résolu de reconstruire, brique par
brique, une relation positive avec l’alcool. Ça prenait une coupure pour faire
cela. J’ai donc décidé de ne plus boire du tout, pour au moins 12 semaines.
Ça fait 5 semaines
maintenant et même si je le savais « en théorie », j’ai désormais la
preuve que l’alcool met en relief mes potentialités dépressives et anxieuses.
Curieux, quand
même, comme on peut décider de bouger dans sa tête, de faire 2-3 trucs
significatifs et avoir la surprise de voir arriver la partie de soi qui veut VIVRE pour fournir toute son énergie dans l’art de saisir la joie là où elle est. Comme si l'élan de vie en soi avait besoin qu'on lui fournisse des preuves de notre engagement avant de déployer sa force. Si
fragile et si belle, la vie...
J’ai eu peur. J’ai cru un instant que c’en était fini, de ma joie de vivre. Mais non! Pas du tout!
J’ai encore grandi!