samedi 11 octobre 2014

Du positif!

Je n’ai pas choisi le chemin le plus facile. Si je l’ai fait, c’est parce que mon expérience de vie m’a amenée à la conclusion que le déni n’est pas une option pour moi. J’ai la croyance que si on maintient le déni pour ne pas souffrir, la pression monte et devient dépendances (alcool, tabac, drogues, travail, l’autre…) ou bien ça finit par sortir sous forme de divers maux physiques débilitants. Ma croyance. Mon expérience. Je ne prétends pas avoir trouvé de clé pour les autres, mais j’ai trouvé la mienne. Alors j’ai regardé la bête (lire deuil) et je l’ai chevauchée, la laissant me traîner là où ça fait mal, mais là où ça guérit aussi. Après tout, une plaie doit bien être désinfectée avant de guérir…

Cet été, je suis tombée sur ce texte http://urbania.ca/blog/5266/mange-dors-doux. Il m’a bouleversée. J’ai réalisé que peu importe ce que j’ai vécu dans mes 42 ans de vie, jamais, jamais, ja-mais je n’ai perdu l’appétit! Le sommeil, oui. Au moins toute une année après la séparation à me réveiller enragée entre 3h et 5h du matin, incapable de me rendormir… Mais l’appétit, ça non! C’est impensable pour moi de ne pas manger. J’en ai conclu que ça devait pas si mal aller! Cette petite pensée, réconfortante, m’a permis de surfer sur ce qui restait de rancœur et d’amertume pour changer de poste dans ma tête. J’ai décidé de pratiquer le doux, concrètement. Je me suis forcée à goûter mon café, j’ai pris des photos des moments qui m’apportaient de la joie, j’ai dépassé certaines envies de solitude pour allonger le bras et toucher ceux qui me touchent…

La sérénité a trouvé son chemin dans mes efforts pour changer le focus. Je me suis mise à écouter, vraiment écouter, les choses que les gens que j’aime avaient à me dire. Je me suis rendu compte que franchement, j’ai un entourage d’une grande qualité humaine et que s’il reste, je suis peut-être pas pire à la hauteur aussi.

Puis il y a eu le défi. Voyant la tournure que prenait ma consommation d’alcool et les quelques auto-mensonges qui l’accompagnaient, j’ai résolu de reconstruire, brique par brique, une relation positive avec l’alcool. Ça prenait une coupure pour faire cela. J’ai donc décidé de ne plus boire du tout, pour au moins 12 semaines.

Ça fait 5 semaines maintenant et même si je le savais « en théorie », j’ai désormais la preuve que l’alcool met en relief mes potentialités dépressives et anxieuses.

Curieux, quand même, comme on peut décider de bouger dans sa tête, de faire 2-3 trucs significatifs et avoir la surprise de voir arriver la partie de soi qui veut VIVRE pour fournir toute son énergie dans l’art de saisir la joie là où elle est. Comme si l'élan de vie en soi avait besoin qu'on lui fournisse des preuves de notre engagement avant de déployer sa force. Si fragile et si belle, la vie...

J’ai eu peur. J’ai cru un instant que c’en était fini, de ma joie de vivre. Mais non! Pas du tout!

J’ai encore grandi!




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