L’amertume est née
dans un grand cri de colère, par une journée grise et froide. Elle s’est
accrochée au sein de la déception, buvant toute son essence. Elle est devenue
bouillante et indomptable, s’agitant dès que l’ex est présent. Elle prend de l'ampleur chaque fois qu’un des petits pleure la perte de papa, de maman,
pour une semaine. Elle devient violente chaque fois que la réalité de l’autre
côté du mur est dévoilée. Elle murmure à son contenant d’aller s’autodétruire
pour apaiser la pulsion de destruction. Elle reconnaît sa pareille en
chacun qui la porte. Parfois, presque de bonne foi, elle prête ses
talents à la lucidité, pour mieux envier ceux qui vont bien.
Pas très loin, la
lumière persiste. Elle observe sans trop s’engager, conservant ainsi ses
forces. En utilisant des passages secrets, elle réussit à communiquer son
souffle de guérison. Pas folle, elle se retire pour faire croire à l’amertume
que le pouvoir lui appartient, mais continue en sourdine son travail de
reconstruction. Tout doucement, elle se lie aussi avec la lucidité.
Ainsi, elle peut faire voir les belles personnes et les occasions de
réparation, sans rien prendre pour acquis. La lumière sait s’arrêter sur les
âmes vraies, les âmes belles, les âmes justes.
Au-delà de tout
ça, moi. Je suis qui, moi? Un contenant pour du contenu? Des os. Des viscères.
Des muscles. Des émotions. Une pensée. Un langage. Quelle importance?
Amertume, tu m’embêtes. Vraiment.
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