Il y a des
bombardements en Palestine. Des génocides dont nous n’avons pas connaissance.
Toutes sortes de choses horribles qui déchirent. L’humain dans son pire aspect.
Ça fait sentir mal d’écrire quand je souffre, car je sais que mon petit poison
intérieur n’est pas comparable avec les déchirements, les guerres et les
génocides. Et pourtant, je continue à aligner des mots dans un élan de
guérison. Des mots pour ne pas développer des maux. Des mots qui libèrent. Qui
sortent et font croire un court instant que je ne suis pas si seule. Parce que
certains soirs (ce soir), le seul fait mal. Genre quand tu dois laisser tes enfants à ton
ex de retour d’Europe et qui-ne-te-manquait-pas-du-tout. Surtout quand tu viens de passer plus de 3 semaines en tête-à-tête avec ton plus jeune et que tu as adoré ça...
Ça m’a fait du
bien, cette pause de réalité de lui-avec-elle(-et-ses-enfants). Quand tu n’as pas
d’enfants, tu peux te séparer et ne plus avoir accès à la réalité de l’autre.
Ça te laisse TOUT L’ESPACE NÉCESSAIRE pour GUÉRIR et passer à autre chose. Mais
quand il y a des enfants, on n’a pas le choix de côtoyer la blessure. Comme un
poison qui s’infiltre et revient activer le bobo, le pas-beau, la menace sur l’amour-propre.
Fils aîné, de retour de France, ne perd pas une occasion de mentionner ces
personnes et je ne peux juste pas faire semblant, faire comme si ça m’était
égal. La mort dans l’âme, littéralement, j’entends les mots qui sortent de ma bouche et je n’y peux
rien. Je lui dis que lui, mon fils, il m’intéresse et il m’intéressera toujours, mais que
ces autres dont il me parle, je ne veux pas savoir, ça ne m’intéresse pas.
J’ai des élans de
vie qui me poussent à m’activer vers autre chose. J’hésite. Je fantasme sur de l’impossible
en connaissance de cause, puisque ce n’est pas impliquant, ni menaçant. Je ne
me commets pas. Si je vois du désir et de l’intérêt dans le regard d’un homme,
je m’arrête là, c’est tout ce dont j’ai besoin. Ça répare, doucement,
tranquillement. La blessure du pourquoi-elle-et-pas-moi.
J’essaie vraiment
fort d’arrêter de nourrir le passé. J’ai peur. Je m’ouvre. Me referme. Ça fait
deux ans et je suis découragée, je voudrais que mon fils se taise. Je voudrais
que mes enfants soient avec moi à plein temps. Je voudrais ne pas avoir dans la
face cette foutue relation du père-avec-madame-chose, ne pas avoir à me demander ce qui cloche chez moi
pour que ça n’ait pas marché. Je voudrais ne pas le côtoyer, lui, jamais. Avoir
plus que 3 semaines par année de paix. Avoir toujours la paix.
Ça allait bien. Il
est revenu. L’ombre est revenue. La lourdeur est revenue.
J’ai envie de hurler SUCK IT UP BITCH, LIVE YOUR LIFE,
DO WHAT YOU NEED TO DO. Ça
pince encore. Beaucoup moins qu’avant, quand même, mais ça pince encore. Il m’arrive
de souhaiter que la vie soit un grand tableau où on peut effacer, puis
recommencer.
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