vendredi 8 août 2014

Retour du guerrier

Il y a des bombardements en Palestine. Des génocides dont nous n’avons pas connaissance. Toutes sortes de choses horribles qui déchirent. L’humain dans son pire aspect. Ça fait sentir mal d’écrire quand je souffre, car je sais que mon petit poison intérieur n’est pas comparable avec les déchirements, les guerres et les génocides. Et pourtant, je continue à aligner des mots dans un élan de guérison. Des mots pour ne pas développer des maux. Des mots qui libèrent. Qui sortent et font croire un court instant que je ne suis pas si seule. Parce que certains soirs (ce soir), le seul fait mal. Genre quand tu dois laisser tes enfants à ton ex de retour d’Europe et qui-ne-te-manquait-pas-du-tout. Surtout quand tu viens de passer plus de 3 semaines en tête-à-tête avec ton plus jeune et que tu as adoré ça...

Ça m’a fait du bien, cette pause de réalité de lui-avec-elle(-et-ses-enfants). Quand tu n’as pas d’enfants, tu peux te séparer et ne plus avoir accès à la réalité de l’autre. Ça te laisse TOUT L’ESPACE NÉCESSAIRE pour GUÉRIR et passer à autre chose. Mais quand il y a des enfants, on n’a pas le choix de côtoyer la blessure. Comme un poison qui s’infiltre et revient activer le bobo, le pas-beau, la menace sur l’amour-propre. Fils aîné, de retour de France, ne perd pas une occasion de mentionner ces personnes et je ne peux juste pas faire semblant, faire comme si ça m’était égal. La mort dans l’âme, littéralement, j’entends les mots qui sortent de ma bouche et je n’y peux rien. Je lui dis que lui, mon fils, il m’intéresse et il m’intéressera toujours, mais que ces autres dont il me parle, je ne veux pas savoir, ça ne m’intéresse pas.

J’ai des élans de vie qui me poussent à m’activer vers autre chose. J’hésite. Je fantasme sur de l’impossible en connaissance de cause, puisque ce n’est pas impliquant, ni menaçant. Je ne me commets pas. Si je vois du désir et de l’intérêt dans le regard d’un homme, je m’arrête là, c’est tout ce dont j’ai besoin. Ça répare, doucement, tranquillement. La blessure du pourquoi-elle-et-pas-moi.

J’essaie vraiment fort d’arrêter de nourrir le passé. J’ai peur. Je m’ouvre. Me referme. Ça fait deux ans et je suis découragée, je voudrais que mon fils se taise. Je voudrais que mes enfants soient avec moi à plein temps. Je voudrais ne pas avoir dans la face cette foutue relation du père-avec-madame-chose, ne pas avoir à me demander ce qui cloche chez moi pour que ça n’ait pas marché. Je voudrais ne pas le côtoyer, lui, jamais. Avoir plus que 3 semaines par année de paix. Avoir toujours la paix.

Ça allait bien. Il est revenu. L’ombre est revenue. La lourdeur est revenue.

J’ai envie de hurler SUCK IT UP BITCH, LIVE YOUR LIFE, DO WHAT YOU NEED TO DO. Ça pince encore. Beaucoup moins qu’avant, quand même, mais ça pince encore. Il m’arrive de souhaiter que la vie soit un grand tableau où on peut effacer, puis recommencer.

Dammit.

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