Tu te réveilles et
déjà, tu es en beau tabarnak. Tu sens une vague pression en dedans qui crie JE
VEUX JUSTE RIEN FAIRE, bon. Rien. Pas de responsabilités. Pas d’obligations. Mais
bon, tu as des enfants. Faque tu te lèves. Ça avance au ralenti ce matin, tu
choisis de laisser les enfants déjeuner devant un truc « éducatif »
sur youtube et tu te prends ton café en jouant à Candy Crush Saga, espérant que
cette humeur poche sacre son camp… Ben non. Pis tu te sens poche de te sentir
poche.
Comme tu es au
ralenti, les enfants le sont aussi. Faut courir après le plus jeune pour lui
changer sa couche, il est 7h46. Faut être dehors à 7h56 pour arriver à l’heure
à l’école. Tu as demandé au plus vieux d’aller mettre son habit de neige (hiver
= wtf no comments) et tu le trouves bien zen en train d’assembler ses Lego. Tu
pètes ta coche, parce que tu es de mauvaise humeur. Ça sort tout croche, genre « on
va être en retard à l’école et ce sera parce que tu ne m’as pas écoutée quand c’était
le temps de m’écouter ». Ouais ok, ça aurait pu être pire, mais ça
pourrait être mieux aussi. Pfff.
J’ai pas fini de
déjeuner, pas pris de douche, j’ai envie de hurler, mais je me contiens, on
part et on marche vite. On arrive tout juste à l’heure. Je présente des excuses
à mon aîné de m’être énervée, lui souhaite une belle journée…
Dans l’auto vers
le cpe, bébé a une routine : il hurle en enlevant mitaines, chapeau et
cache-cou, le temps que ces damnés objets lui résistent. Dès qu’il a réussi, il
dit « Voilà » sur un ton de triomphe et devient d’une humeur
charmante. D’habitude, je trouve ça cute. D’habitude.
Il y a un trafic
inhabituel ce matin. Je réalise que c’est à cause d’une personne qui conduit à
20 km/h, 8-10 autos plus loin. Juste pour faire exprès, une autre personne
roule à 35 km/h sur la voie de gauche, 4 autos devant. À droite, il y a un
autobus. Bon ok, c’est un de ces matins où il semble que l’univers conspire
pour te faire chier, déjà que c’est pas la joie, ta colère semble tout trouver
sur son chemin pour gronder et grandir…
En rentrant de la
garderie, tu as une tonne de choses à faire. Tout le monde pense que tu es en
congé, parce que tu ne travailles pas aujourd'hui. Ce n’est pas un congé, ce n’est jamais un congé. Tu appelles pour
prendre rendez-vous pour les enfants avec leur pédiatre parce que tu as oublié
de le faire et que les deux sont plus que dus pour un check-up. Le plus vieux n’aura
plus de pompes bientôt, il faut s’en occuper. On te dit que l’horaire de la
pédiatre pour NOVEMBRE n’a pas encore été donné par la pédiatre, rappelez la
semaine prochaine. Je bouille en dedans. Je vais faire quoi, moi, si le grand
fait une crise d’asthme? Grrrr.
Il y a des travaux
en cours dans la maison. L’homme à tout faire prépare son stock pour finaliser
la pièce en bas / ancien bureau de ton ex (là où il a passé des heures à
chatter avec elle, pendant que je dormais en haut, enceinte jusqu’aux oreilles
pfff). Je veux que cette pièce ait une nouvelle vocation, en finir avec les
mémoires sombres et les regrets. L’employé m’appelle, il y a de l’eau qui coule
le long du mur et une petite flaque par terre, juste en dessous de là où se
situe l’évier de la cuisine. Grrrrr.
Ça fait 2 semaines
que tu prévois aller porter ton vélo pour le tune-up annuel. Tu as regardé sur
le site web, tu as téléphoné pour savoir l’heure d’ouverture : 11h. Tu te
pointes à 11h15, c’est fermé.
Ben tsé tu quoi?
Fuck off. Je m’en vais chez le coiffeur!
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