mardi 15 avril 2014

Il suffit d'un rien.

Un rien. Vraiment. Genre jeter un coup d’œil sur sa paperasse d’impôts, les reçus de physio, les reçus de psy, réaliser qu’on a compté sur un remboursement qui ne viendra pas suite à un malentendu avec l’ex, devoir renoncer à un projet de voyage pour cette raison. Pas rien. Mais pas grand-chose non plus. Il y a pire.

Reste que ce petit rien me remet la perte sous les yeux. Perte de la famille que j’avais envie de créer, famille réparation, famille unie. Perte de l’amour. Perte du lien si familier avec cet autre que je connaissais mieux qu’il se connaît lui-même. Perte des rires partagés en regardant nos enfants grandir. Perte de mes enfants en continu, au quotidien.

Ce petit rien m’a fait revivre en 20 minutes les 2 dernières années de ma vie, de façon aussi intense, mais tout en condensé. Un deuil, ça ne va pas en ligne droite. On peut y revenir et retrouver la même tristesse, la même rage, la même envie de blâmer l'autre et le damner, la même amertume. On lève le couvercle. On se laisse traverser par les émotions. On fait des liens. Tous mes âges intérieurs se confondent et se jasent. Contempler les grandes failles, toujours les mêmes. Mettre des mots, ça panse… Puis revenir au présent. Comprendre.

Tout un cheminement et pas des plus simples. C’est un choix que je fais. Certains surfent, moi je plonge, je cherche le fond qui me servira d’appui pour remonter et je remonte tout le temps. Dans ce plongeon, de si grandes et belles découvertes, des failles et zones abyssales, des bêtes angoissantes.

Chaque fois, j'ai peur. Chaque fois, je suis contente de l'avoir fait.

Aucun commentaire: