Certaines vérités font mal. En tout cas, elles
sont dures à admettre. Je suis obligée de m'avouer que l'absence du père de mes
enfants, en voyage pour 11 jours, m'a permis de respirer mieux. Le voilà de
retour, j'ai déjà la mâchoire serrée et la haine au coeur. Qui dit retour du
père dit départ des enfants et je suis obligée d'admettre que je suis bien plus
heureuse quand mes enfants sont là. À un niveau très archaïque et animal, c'est
comme si un intrus venait m'arracher mes petits de leur tanière. Puis ça me
fait mal d'admettre que sa présence à lui me pèse et me dérange, que ça ramène
ce gros nuage noir et familier, cet espèce de stress post-traumatique de la
rupture et de sa trahison.
J'avais vu passer une phrase sur internet et je la partage avec vous, elle peut toujours servir :
"L'amour supporte mieux l'absence ou la mort que le doute ou la trahison" (André Maurois)
Ces temps-ci, je pense beaucoup au pouvoir, aux rapports de force entre amis, amants, parents-enfants… J’ai souvent dit en riant que dans le monde animal, je suis une biche, je fige quand on braque les phares sur moi, je fuis quand on m’attaque et je veux juste vivre une petite vie tranquille, sereine. Il y a eu une époque où j’étais habitée par toutes sortes de fantasmes de grandeur, dans la danse surtout. C’est en atteignant certains buts, comme la reconnaissance de mon travail par mes pairs, que j’ai réalisé que je ne me sentais pas mieux. Tous ces efforts pour surmonter les difficultés techniques, pour apprendre à être à l’aise sur scène, pour oser créer et commencer à danser de façon personnelle, tout ça ne m’a pas rendue heureuse. Dans mon cas, le fait de chercher à réparer des blessures infantiles par l’admiration et la reconnaissance des autres, ça n’a fait qu’intensifier le vide et la solitude. Curieusement, c'est en acceptant d'être pas mieux que personne que j'ai trouvé la voie de la guérison...
En amour, je ne suis pas vite, moi. Si je m'attache vite, je me détache très lentement. Mon cœur met des années à compléter ses cycles. Il m’arrive de regarder autour de moi et de me sentir très différente. Il semble que certains aient de la facilité à changer de poste. Je ne comprends pas comment des gens peuvent utiliser d’autres êtres humains. Personnellement, je suis incapable de démarrer une nouvelle relation amoureuse sans avoir complété celle d’avant. Je ne comprends pas que certaines personnes perçoivent uniquement ce qu’ils peuvent soutirer d’une relation, prendre, puis partir. L’homme est-il réellement un loup pour l’homme? Il semble qu’à un certain niveau du développement humain, le pouvoir ait plus d’importance que l’amour. Ce stade un peu primitif est en chacun de nous, mais si ta jouissance c’est le pouvoir, ton cœur restera sec et vide. C'est moi qui te le dis!
En tout cas, même une biche peut apprendre à se battre pour sa survie psychique. Elle peut même découvrir qu'en fait elle était une louve depuis le début, couverte d'une peau de biche pour ne pas avoir trop froid... Ou déguisée en biche pour avoir l'air gentille, puisque c'est pas beau une femme en colère, à ce qu'il paraît...