mardi 15 octobre 2013

Il y a des jours de lumière et des jours sombres...

Les jours de lumière, je me dis que ce nouveau concept familial est à créer et qu’il y a plein de belles choses à faire avec ça. Effectivement, quel enfant se plaindra d’avoir 2 noëls, 2 anniversaires? Les jours sombres, je m’en fais pour le modèle relationnel que mes enfants intégreront… Mais je sais que je me bats contre des moulins à vent! Il n’y aucune façon de prévoir ce qu’ils feront avec ça et tout ce que je peux faire, c’est me concentrer sur ce que je peux contrôler, c’est-à-dire moi-même et comment j’accompagne mes enfants.

Ma réflexion sur l’intimité se poursuit…

Les patterns destructeurs pour soi, les héritages inconscients, on peut les briser, mais ça ne se fait pas sans efforts, sans angoisse, sans inconfort. Et ce ne sont jamais les autres qui feront le travail à notre place! J’avais vu passer sur le profil d’une amie FB des paroles de Rose-Marie Charest, psychologue : « On dit souvent que notre couple ne fonctionne pas parce qu'on n'a pas trouvé la bonne personne. Je pense plutôt que c'est soi-même que l'on n'arrive pas retrouver. » (merci Geneviève L.!)

Dans mon monde à moi, à moins de vivre des situations liées à un problème de santé mentale du partenaire, le problème, CE N’EST JAMAIS L’AUTRE. L’autre est un miroir qui nous renverra nos manques, nos brèches, nos besoins, nos blessures. J’adore être en relation pour cette raison. Si je me heurte à un obstacle et que je prends la peine de le regarder, j’apprends quelque chose de ma réalité intime, du cri de l’enfant en moi qui s’agite pour demander… Je pourrais presque affirmer que dans une relation intime, si le sexe et la communication fonctionnent bien, on peut faire durer et durer cette relation en se rencontrant constamment, l’un et l’autre, puis soi-même. Il suffit d’y mettre l’effort et la bonne volonté. Il suffit d’accepter qu’il y aura des morts et des renaissance et que le couple aura un rythme à lui, oscillant entre ce qu’on met de soi-même dans la relation et comment on s’arrange pour répondre à nos besoins de réalisation et de construction de soi.

C’est là que j’étais quand j’ai décidé de m’engager et de fonder une famille. J’ai oublié de bien vérifier si on était à la même place. Je n’ai pas écouté la voix en dedans qui me disait que j’avais devant moi une personne qui n’était pas bien et que rien, absolument rien de ce que je ferais, ne pourrait parvenir à le guérir. Ce n’était pas mon rôle, même si j’ai eu la prétention de croire que j’y arriverais. Cette position lui a plutôt envoyé le message que je me croyais supérieure à lui et il s’est soustrait au dialogue, par défense. Je comprends un peu mieux maintenant la dynamique et j’apprends quelque chose de cette expérience. Ne pas prendre l’autre en charge, ne pas chercher à aider à tout prix quand l’autre se barricade derrière une porte blindée. Ne pas forcer sa lucidité dans le regard d'un autre qui n’est pas rendu à voir ce qu’on voit. Ne pas parler de sujets délicats concernant sa famille quand on ne sait pas comment ça a été vécu et quelles émotions se cachent derrière tout ça, pas encore prêtes à être libérées. Mais surtout, comprendre que si l’autre n’est pas intéressé à s’ouvrir, il est possible qu’on nourrisse une intimité à sens unique. Ça parle, ça aussi. Ça parle de la décision de continuer ou de s’en aller. J’ai eu envie de partir si souvent! Vivre auprès du corps de quelqu’un sans avoir accès à son âme, c’est probablement une de mes pires expériences de solitude. Je nourrissais un espoir infini que cet accès allait se rouvrir alors je gardais un silence amoureux pour lui signifier que j’étais là quand il se sentirait prêt à se dévoiler. C’est arrivé, il l’a fait. Mais pas avec moi.

Ça fait plus d’un an que je me demande : pourquoi elle et pas moi?

Cette question fait des bonds comme un galet lancé sur la surface d’un lac tranquille. Au début, ça frappait la surface pour dessiner de grands rayons sur mes eaux psychiques. Maintenant, c’est de plus en plus lointain et de plus en plus difficile à détecter. En fait, il est possible que le galet soit déjà au fond du lac. J’arrive à trouver d’autres hommes intéressants et attirants, c’est pour moi le signe que le deuil amoureux est bien terminé.

C’est le deuil de la famille que je voulais offrir à mes enfants qui pince et saigne encore. Qui me rend amère, agressive et désagréable. Je ne me reconnais plus, mais il semble que c’est ce tournant que ma vie a pris. À chaque contact humain, je réalise la plaie en constatant tous ces mots qui sortent, tout ce besoin d’être consolée, comprise, validée, prise au sérieux… Moi qui aime écouter et être disponible pour ceux que j’aime, je me retrouve à parler sans arrêt. Je prends. Je suis souvent en état de besoin. Dur constat et je réagis avec de la mauvaise foi envers mon propre déversement. Il me coûte de constater que c’est moi maintenant, souvent, qui ne suis pas bien.

Mais bon, ça, c’est dans les périodes de rechute, comme maintenant. Le père de mes enfants continue à s’investir dans cette relation avec elle. Ça challenge beaucoup mon fantasme de destruction. Étrangement, je me suis consolée toute l’année en me disant qu’on parviendrait à être des parents-meilleurs-amis-du-monde-qui-visent-l’harmonie-pour-un-développement-sain-de-nos-enfants, mais seulement lorsque leur relation serait finie, détruite. Je ne peux pas envisager que cette relation dure et lorsque je pense à cette option, je ne vois qu’une brisure dans la vie des enfants. Je ne la côtoierai pas, par respect pour mon amour-propre. Je ne la côtoierai jamais. Trop inacceptable, ce qu’ils ont fait. Tromper deux partenaires investis (elle était mariée), briser deux familles (elle a 2 enfants), imposer à 4 enfants un déménagement hebdomadaire... Et pour quoi? Sont-ils vraiment plus heureux? Amère, la mère, très amère...

Il l’aurait connue après, je m’en serais fait une alliée pour favoriser un bon partage de l’autorité parentale, mais là, c’est juste impossible. Gros défaut qui est le mien : je ne connais pas le pardon.

Quand même, dans mon cœur, il y a définitivement un mouvement ascendant. J’ai retrouvé ma lumière dans cette fragilité. J’ai eu la chance de retoucher à la danse, de recommencer à écrire, d’éduquer mes enfants comme je l’entends durant mon temps de maman, de bouger quand j’en ai envie et de me dire que j’ai appris quelque chose de très important. J’ai appris à ne plus ramer seule dans une relation.

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