samedi 12 octobre 2013

Les inquiétudes

Ce qui me tue, c’est de penser aux futurs albums de photos de famille, aux fêtes diverses, à tout ce qui est censé réunir mais qui soulignera désormais la désunion. Je n’aurai pas accès à la moitié de leur enfance. Des photos seront prises que je ne verrai jamais. Ils auront des morceaux d’eux-mêmes dispersés entre deux maisons et je me demande souvent, plus vieux, quand ça ne va pas, quel sera leur port d’attache? J’ai tant voulu mettre des enfants au monde et leur donner un port d’attache, un endroit où se construire, apprendre, être soutenus et accompagnés, pouvoir prendre une pause du monde extérieur, pour se ressaisir, se reposer, se déposer.

Ils n’ont pas de chez-eux L

Ils ont « chez papa » ou « chez maman ». Ils sont petits, ils s’adaptent, d’accord. J’avoue que je suis une mère très protectrice. Mes connaissances en psychologie, mon enfance revisitée en thérapie, ça ne m’aide pas à prendre ces sujets à la légère. Je pourrais profiter du silence et de l’espace laissé vacant par l’absence des enfants, j’y arrive de mieux en mieux, mais c’est encore une déchirure chaque fois qu’ils quittent pour aller chez leur père. Au début, c’était comme me faire arracher une jambe ou un bras. Maintenant, ça me fait mal le jour de leur départ, mais rapidement, je profite de ce temps pour vivre. Pour faire toutes ces choses que les mamans n’ont pas le temps de faire, parce que j’ai la moitié de mon temps de maman qui est vacant. J’ai hâte que ce temps soit accueilli avec joie.

On s’adapte à tout. C’est ça qui est incroyable. On finit même par trouver des avantages à chaque situation. Je me dis que je suis en bonne santé et à partir de là, tout est possible. Sauf peut-être faire cesser la voix de maman dans ma tête qui me dit que les avantages d’une garde partagée sont peut-être plus profitables aux parents qu’aux enfants. Et rebelote l’inquiétude.

1 commentaire:

Claudia Cyr a dit...

Je comprends tes pensées pour être passée par là aussi....j'ai le goût de te dire bien des choses...pour mettre un baume sur tes blessures, alors si ça peut aider: Voyons l'autre côté de la médaille. Savoir qu'ils apprendront très tôt dans la vie à se faire une identité, à vivre un certain détachement des deux personnes qu'ils aiment le plus au monde.... Pense que ma fille dit: chez moi ou dans ma chambre, et je dois parfois réaliser qu'elle parle de son chez soi ici et d'autre chez son père (elle n'a jamais fait la différence). Elle a 2 demi-frères, une demi-soeur, et en fait elle n'a aucune demi puisqu'elle dit toujours mes frères, ma soeur....Nos enfants ne sont pas à nous, ils nous sont prêtés! Courage, le verre est à moitié plein et non à moitié vide xoxo