dimanche 5 janvier 2014

Un bilan

Voici maintenant une année complète que mon ex m’a avoué qu’il « fréquentait » l’autre "officiellement". Nous nous étions séparés en septembre. L'entente était de réfléchir pendant 3 mois à l’évolution de cette relation, chacun pour soi. Entre temps, elle s’est pris un appartement début décembre et un mois plus tard, ils étaient « ensemble ». Définir "ensemble", c’est obscur et complexe (surtout que je ne veux pas le savoir), mais bon, ils ne se sont plus lâchés.

Une année pour m’extirper avec peine d’une peau devenue trop étroite dans laquelle j’étouffais. J’étais coincée dans la prison que j’avais moi-même construite, à répondre à des obligations auto-créées sur des modèles de mère-toujours-disponible-et-aimante, de blonde-toujours-disponible-et-aimante. J’ai mis une virgule comme s’il y avait une suite à cette énumération d’idéal, mais entre ces deux rôles-là, il ne restait plus d’énergie pour rien d’autre. Plus une goutte! :)

D’où tenons-nous cette idée absurde qu’une fois que les enfants naissent, la suite logique est d’accumuler des photos de bonheur et les beaux moments en famille? Combien d'entre vous postent des photos de famille parfaite sur Facebook mais gardent le silence sur les moments de doute et de crise? Nous rendons-nous compte qu'en faisant cela, on intensifie le malaise et la solitude, car ça donne l'impression qu'on est le seul à aller mal quand ça va mal? Quelle peur du chaos nous amène à faire ce que j’ai fait : me couper de mon instinct et couper le contact vrai avec celui que j’aimais pour lui imposer mon idéal et essayer de le modeler à cette image? Pas consciemment, bien sûr. Pas du tout, même. Je le vois bien, maintenant. Je n’étais pas vraie avec lui, j’étais trop occupée à nourrir à une illusion de stabilité, dans une peur panique du chaos et de la noirceur, la sienne et la mienne…

Dans mon jardin, j’ai tout délaissé sauf une fleur prénommée David et je l’ai gavée. J’ai tout misé sur cette unique floraison. Il n’avait jamais demandé autant d'engrais! Puis bien sûr, dans un élan de vengeance contre cet investissement qui n'a pas donné le retour escompté, j’ai passé une partie de l’année à arracher les racines et sarcler la terre pour effacer toute trace de sa présence. Je lui ai fait porter le chapeau du gros méchant. Ses choix me font encore mal, mais je ne le vois plus comme un monstre. Il était probablement perdu, pris au piège dans mes modèles imposés (en plus des siens!), tout autant que je l’étais…

Aujourd’hui, j’ai eu envie de sauter en parachute et de plonger dans une mer chaude et houleuse. J’ai eu envie de nature, de précipices, d’air humide et chaud. Puis j’ai surtout ressenti de la joie, d’avoir vécu tout ça et de permettre à cette expérience de m’amener ailleurs, de briser mes moules et me permettre de redécouvrir une enivrante sensation de liberté.

Ma perception des relations humaines a changé. Je ne crois plus aux relations qui durent toujours. Juste le mot « toujours », ça me fait un peu sourire, considérant que nous allons tous mourir un jour. Je crois que la seule relation qui durera toujours, c’est celle qu’on a avec soi-même. Alors ça vaut peut-être la peine de se demander vers quoi nous pousse la haine de soi. UN seul « autre » ne pourra jamais, je souligne, gras et majuscules JAMAIS combler tous nos besoins. D’ailleurs, porter cet espoir, c’est peser sur cet autre.

Il y a des personnes significatives qui nous font sentir bien, qui nous bougent à l’intérieur, qui nous réconfortent ou nous confrontent de façon positive. Ces personnes arrivent, restent, partent, reviennent, repartent... Si la jeunesse m'amenait à m'accrocher à ces instants de vérité pour les appeler "toujours", je les accueille aujourd'hui comme de précieux cadeaux, insaisissables et merveilleux.

Si je peux me permettre un bilan de la période entre le 4 janvier 2013 et le 5 janvier 2014, il ressemblera à ça : prenons le temps de faire nos deuils, apprenons à nous pardonner d'être simplement humains, mais surtout, acceptons que tout comme nous menons notre bataille, l'autre mène la sienne aussi. Parfois, les chemins se séparent plus tôt qu'on l'aurait voulu. La stabilité, ce n'est pas la vie.

Bonne année tout le monde!

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