vendredi 3 janvier 2014

Une lecture inspirante

Je me laisse souvent inspirer et transporter par mes lectures. Il m’arrive de me laisser baigner dans l’ambiance d’une lecture pendant plusieurs mois, de me désorienter volontairement, histoire de faire de la place à de nouvelles façons de percevoir.

Je me suis fait un cadeau pour Noël : « Les mots sont des fenêtres (ou des murs), Introduction à la Communication Non Violente », de Marshall B. Rosenberg. Depuis que j’avais entendu une collègue parler de la CNV, j’étais curieuse de m’instruire davantage, surtout que je sentais que ça pourrait devenir un outil précieux dans le cadre de mon travail.

C’est réussi. Je l’entame pour la deuxième fois et comme toujours, quand je cherche à m’améliorer comme intervenante, je grandis personnellement. En voici les grandes lignes pour partager ma réflexion.

Première « leçon » : observer sans juger.

Je prends deux secondes pour prononcer ces mots à voix haute et remarquer le calme que ça installe en moi.

Observer sans juger. Observer ce qui se passe à l’intérieur de soi, ce qui se passe entre l’autre et moi, ce qui se passe tout autour. Développer l’habitude de ne pas étiqueter tout de suite ce qui se passe. Se voir comme un aigle survolant la situation.

Deuxième leçon : comment je me sens? Aller voir quelles émotions se vivent en-dedans et les identifier.

Troisième leçon : quel est mon besoin?

C’est là que ça s’éclaircit… Des exemples : je me sens triste et frustrée parce que j’ai besoin de me sentir aimée et acceptée. Je me sens en colère parce que je ne me sens pas respectée ou prise au sérieux. Je me sens apaisée parce que la personne devant moi m’a spontanément donné un feedback positif et chaleureux, comblant ainsi mon besoin de reconnaissance.

Quatrième leçon : comment répondre à mon besoin?

On n’a pas de pouvoir sur les autres, mais on a le pouvoir de s’exprimer clairement. On a le pouvoir de nommer ce qu’on souhaite pour répondre à nos besoins. On a la capacité d'aller chercher dans la vie ce qui comblera nos besoins, plutôt que de rester fixés sur l'espoir de changer les autres.

Cela dit, ce livre part d’un point de vue théorique humaniste à inspiration "rogérienne" (Carl Rogers). Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un psychologue qui a apporté énormément à la psychologie contemporaine avec ses théories sur le pouvoir guérisseur de l’empathie, du non-jugement, de l’authenticité du thérapeute, ainsi que la qualité de la relation entre client et le thérapeute. Le fondement théorique de cette approche prend pour acquis que l’être humain est fondamentalement aimant et bienveillant.

C'est là que mon esprit critique s'invite au party...

J'avoue qu'en lisant, je me suis demandé ce qu’une personne avec un trouble de personnalité antisociale pourrait faire avec cela, je déménageais dans ma tête en imaginant le monologue suivant :

-      - J’observe que le gars devant moi m’a coupé dans une file d’attente
-      - Je me sens très fâché
-      - Mon besoin est un besoin de justice par rapport à la place que j'occupe dans le monde
-      - Pour répondre à mon besoin, je vais le jeter par terre et reprendre ma place

Bon ok. Moi, ça me fait rire.

J’ai parlé de trouble de personnalité, oups! Je vais tout de suite rectifier. Je crois que tous les ingrédients « humains » sont en chacun de nous et que nous pouvons tous dérailler à un moment ou un autre. Tous. C'est une question d’équilibre et de déséquilibre, subjectif ou objectif, souffrant pour soi et/ou pour les autres. J’haïs les diagnostics en santé mentale. J’haïs cette manie des milieux d’intervention de classer les gens en catégories, rassurantes pour eux mais pas vraiment utiles pour les clients.

Il reste que je ne suis pas sûre que tous les êtres humains soient fondamentalement bienveillants et aimants.

Et vous, vous en pensez quoi?

À suivre...

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