Je me laisse
souvent inspirer et transporter par mes lectures. Il m’arrive de me laisser
baigner dans l’ambiance d’une lecture pendant plusieurs mois, de me désorienter
volontairement, histoire de faire de la place à de nouvelles façons de
percevoir.
Je me suis fait un
cadeau pour Noël : « Les mots sont des fenêtres (ou des murs), Introduction
à la Communication Non Violente », de Marshall B. Rosenberg. Depuis que j’avais
entendu une collègue parler de la CNV, j’étais curieuse de m’instruire
davantage, surtout que je sentais que ça pourrait devenir un outil précieux
dans le cadre de mon travail.
C’est réussi. Je l’entame
pour la deuxième fois et comme toujours, quand je cherche à m’améliorer comme
intervenante, je grandis personnellement. En voici les grandes lignes pour partager ma réflexion.
Première « leçon » :
observer sans juger.
Je prends deux
secondes pour prononcer ces mots à voix haute et remarquer le calme que ça
installe en moi.
Observer sans
juger. Observer ce qui se passe à l’intérieur de soi, ce qui se passe entre l’autre
et moi, ce qui se passe tout autour. Développer l’habitude de ne pas étiqueter
tout de suite ce qui se passe. Se voir comme un aigle survolant la situation.
Deuxième leçon :
comment je me sens? Aller voir quelles émotions se vivent en-dedans et les
identifier.
Troisième leçon :
quel est mon besoin?
C’est là que ça s’éclaircit… Des exemples : je me sens triste et frustrée parce que j’ai besoin de me sentir aimée et
acceptée. Je me sens en colère parce que je ne me sens pas respectée ou
prise au sérieux. Je me sens apaisée parce que la personne devant moi m’a
spontanément donné un feedback positif et chaleureux, comblant ainsi mon besoin
de reconnaissance.
Quatrième leçon :
comment répondre à mon besoin?
On n’a pas de
pouvoir sur les autres, mais on a le pouvoir de s’exprimer clairement. On a le
pouvoir de nommer ce qu’on souhaite pour répondre à nos besoins. On a la capacité d'aller chercher dans la vie ce qui comblera nos besoins, plutôt que de rester fixés sur l'espoir de changer les autres.
Cela dit, ce livre
part d’un point de vue théorique humaniste à inspiration "rogérienne" (Carl Rogers). Pour ceux
qui ne connaissent pas, c’est un psychologue qui a apporté énormément à la
psychologie contemporaine avec ses théories sur le pouvoir guérisseur de l’empathie,
du non-jugement, de l’authenticité du thérapeute, ainsi que la qualité de la
relation entre client et le thérapeute. Le fondement théorique de cette approche prend pour acquis que l’être humain est fondamentalement aimant et bienveillant.
C'est là que mon esprit critique s'invite au party...
J'avoue qu'en lisant, je me
suis demandé ce qu’une personne avec un trouble de personnalité antisociale
pourrait faire avec cela, je déménageais dans ma tête en imaginant le monologue
suivant :
- - J’observe que le gars devant moi m’a coupé
dans une file d’attente
- - Je me sens très fâché
- - Mon besoin est un besoin de justice par rapport à la place que j'occupe dans le monde
- - Pour répondre à mon besoin, je vais le
jeter par terre et reprendre ma place
Bon ok. Moi, ça me
fait rire.
J’ai parlé de trouble de personnalité, oups! Je vais tout de suite
rectifier. Je crois que tous les ingrédients « humains » sont en
chacun de nous et que nous pouvons tous dérailler à un moment ou un autre. Tous. C'est une question d’équilibre et de déséquilibre, subjectif ou objectif, souffrant pour soi et/ou pour les autres. J’haïs
les diagnostics en santé mentale. J’haïs cette manie des milieux d’intervention
de classer les gens en catégories, rassurantes pour eux mais pas vraiment utiles pour les clients.
Il reste que je ne
suis pas sûre que tous les êtres humains soient fondamentalement
bienveillants et aimants.
Et vous, vous en
pensez quoi?
À suivre...
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