C’est étrange la
haine. Ça fluctue. Une marée haute, une marée basse… Depuis un an,
je monte et descends au rythme de ces fluctuations. J’ai beau savoir que j'y suis pour quelque chose, que je nourris cet état, je n’y peux rien. Ma haine est
proportionnelle à mon amour et mon amour est grand, loyal, fidèle, intense… Quand ça chavire, son opposée est tout aussi grande, loyale, fidèle et intense.
Si vous saviez ce
que je donnerais pour être capable de desserrer la mâchoire. On me dit « change-toi
les idées » « rencontre d’autres hommes » « amuse-toi ».
Oui, oui, je fais tout ça. C'est bon, merci. On dirait qu’en donnant naissance à mes enfants, j’ai
désappris la spontanéité. Avec des enfants, je suis devenue quelqu’un qui
prévoit tout, même ses temps de plaisir. Arriver un soir libre et décider que c’est
maintenant qu’il faut s’amuser, malheureusement, ça ne marche pas tout le temps.
Je vis avec cette
haine comme un moteur infatigable activé par une pédale hyper performante. Ouin. Vous m’excuserez
les métaphores automobiles, j’ai une relation quasi amoureuse avec ma voiture
et comme l’obtention de mon permis est encore récente, je ronronne toujours en
partant le moteur et en m’amenant là où JE le veux, quand JE le veux. Oh! Je
vois « live », en écrivant, comment ma pensée arrive à lier haine,
moteur, ronronnement.
Moment de réflexion...
Il est possible, en effet, que je tire un bénéfice à haïr
autant. Ça me permet de me tenir debout… Ne pas m’effondrer, les enfants ont
besoin de moi. Ne pas quémander. Ne pas aller dans des aspects de moi-même qui
fantasment un retour de son amour. C’est affreux, de savoir que l’autre est
ailleurs depuis longtemps et de se surprendre à rêvasser à ce qui aurait pu
être différent, si… et si… et si… Ma tête, mon cœur, deux vitesses. Aimer =
richesse ou pathétisme? En tout cas, quand l’autre ne veut pas et que toi tu
veux, c’est facile de verser dans le pathétisme. Voilà où la haine devient
utile, elle permet de lever la tête durant la tempête et de la garder bien
haute.
Lorsqu’elle ne
sera plus utile, elle s’éteindra, tout doucement.
J’ai hâte. Si vous
saviez. Si seulement.
Aucun commentaire:
Publier un commentaire