Je ne me souviens
plus du nom d’un collaborateur de Freud qui avait travaillé sur les malentendus
entre le langage des adultes et celui des enfants. Ah merci Google! C’était
Ferenczi. Françoise Dolto a repris et très bien étudié ce phénomène. Elle en
donne des exemples surprenants dans « Tout est langage » et dans ses
cas cliniques dans « L’image inconsciente du corps ».
Hier, mon petit
bonhomme de 5 ans a vécu un épisode à l’école qui aurait pu mal tourner, si on
n’avait pas récupéré la situation, sa professeure et moi.
J’étais au boulot
quand mon cellulaire a sonné. Le responsable du service de garde me demandait
de venir chercher mon fils, qui apparemment pleurait beaucoup et se plaignait d’un
mal de gorge. Alarmée, j’ai appelé son père pour savoir s’il était malade en
matinée et selon lui, il n’y avait aucun signe de virus à son arrivée à l’école.
Mes antennes de maman étaient activées, je me doutais bien qu’il se passait
quelque chose et je sais que mon coco a tendance à se trouver des bobos pour
exprimer ses malaises ou se sauver de certaines conséquences…
En arrivant, j’ai trouvé
un petit bonhomme remué, mais pas malade. J’ai demandé à la dame du service de
garde s’il avait eu un conflit avec quelqu’un. Elle m’a dit qu’il avait refusé
de faire une tâche assignée par la professeure. En l’interrogeant lui, il m’a
dit qu’elle lui avait demandé de dessiner une école et que c’était trop
difficile pour lui (en effet, mon fils n’aime pas trop dessiner). Tout de même,
j’étais étonnée que ça ait pris une tournure aussi dramatique. En expliquant à
mon garçon qu’il aurait pu essayer, il me répond : « mais madame S… m’a
dit qu’il fallait que ce soit parfait. »
Du coup, j’ai
compris que mon coco avait été dépassé par la tâche et qu’il s’est senti
impuissant et peut-être sous pression, il a craqué. Il a prétexté un mal de
gorge et comme la professeure n’était pas dupe, elle lui a donné une petite
conséquence et il s’est mis à pleurer, tout décomposé. C’est là qu’ils m’ont
appelée.
Nous avons dîné
ensemble et je lui ai demandé de me dessiner une école avant le repos, en lui
donnant quelques directives pour l’aider. Il l’a fait sans rechigner. Le
téléphone a sonné et j’ai pu parler de la situation avec sa prof. Tout s’est
éclairci, lorsqu’elle lui a demandé de faire son dessin, elle lui a demandé de « faire
de son mieux », il a compris : « ça doit être parfait ».
Voilà le malentendu.
C’est fou, hein?
Et voilà que je me
retrouve à expliquer à mon fils que Madame S… voulait dire une chose et que
lui, il a entendu autre chose. J’ai pataugé pour trouver des mots simples et
justes, qu’il comprendrait, et à mesure que je parlais, j’ai pu voir le soulagement
et la joie fleurir sur son beau visage.
Il y a des moments comme ça où il fait bon être maman.
Il y a des moments comme ça où il fait bon être maman.

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