samedi 2 novembre 2013

Ruminations nocturnes

J’ai hâte au jour où je repenserai à tout ça en me disant que c’était pour le mieux. Maintenant, quand j’y pense, c’est juste du flou, de l’incompréhension, de la tristesse, de la méfiance. Je vois un homme, "mon" homme, se laisser déstabiliser par une femme avec une santé mentale chancelante qui se la joue victime et dépressive, qui ment, qui fait des cachotteries pour éviter de tout perdre de tous bords tous côtés, qui se croit une belle personne, qui cherche à vivre l’amour avec mon ex tout en se gardant son ex-mari sous sa coupe malgré tout, lui laissant juste assez d’espoir pour qu’il ne puisse pas passer à autre chose. C’est facile de l’extérieur de voir à quoi elle joue. Elle ne veut pas perdre complètement ni son mari, ni son amant. Ah bien sûr, elle ne doit pas voir à quel point elle joue avec les autres. On heurte les autres là où on souffre. Elle doit être en grande détresse pour agir de façon aussi tordue. Mais je m’en fous. Son existence a heurté mes enfants et ça, je ne suis pas capable de l’accepter. Mes enfants n’ont pas accès à un modèle relationnel solide et mature et oui, je blâme aussi son existence à elle et ses magouilles de petite conne pleurnicharde qui s’attache des mecs sauveurs pour la rassurer et s’ingénier de mille façons à lui prouver qu’ils sont à la hauteur. C’est ça sa game. Qui peut être assez tordu pour écrire à la femme trahie et lui raconter les choses de façon à être pratiquement prise en pitié? Il faut voir comment elle s’exprime : que d'enfantillages et de sombres drames! Pfff.

Puis c’est difficile d’avoir du respect pour le père de mes enfants, que j’ai tant aimé. C'est dur de le voir succomber pour du glissant, du compliqué et du dark quand il avait du possible et du lumineux. Tous les canaux étaient ouverts, j'aurais fait tous les efforts nécessaires pour rescaper la famille, sauf un : accepter leur relation. Je ne parle même pas de moi, en me référant au lumineux. Je parle de l’endroit où on se rejoignait, lui et moi. Certains passent à côté de certaines choses simples et pourtant merveilleuses. C’est l’histoire de ma vie. J’ai toujours cru que l’amour, c’est pas les gros papillons, les grands drames et les bouleversements. Comme entendu dans la série « In Treatment » (dans cette magnifique scène où Gina se lasse des attaques de Paul et qu’elle explose), pour moi l’amour, c’est aussi aimer qui on est lorsqu’on est près de l’autre. C’est cette connexion tranquille, cette sensation de familiarité si rassurante. On avait ça, mais il a choisi de basculer vers autre chose. L’histoire de ma vie, c’est de voir des hommes revenir des années plus tard pour me dire qu’ils ont compris que c’était précieux. Peut-être que j’en fais trop. Peut-être que je suis facile à prendre pour acquise alors je deviens inintéressante. Je ne sais pas. Ce soir, je suis triste et j’ai besoin de quelqu’un à blâmer. Ce soir, c’est la haine.

Un jour, je le sais, je réussirai à m’extirper complètement de ces émotions. Probablement que j’aurai même gagné en lucidité et en détachement. Je ne resterai pas fâchée avec l’amour. Il y a même de fortes chances que mon regard sur mon ex change au point de me dire avec une légère affection qu’il a choisi ce qui lui ressemble et que je suis mieux loin de tout ça. Je ne carbure pas au drame, moi. Plus maintenant.

On n’a qu’une vie à vivre, aussi bien en tirer le plus d'étincelles possibles!

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