Je me suis perdue
en chemin. Entre moi et l’autre, j’ai choisi l’autre. Je me suis traînée à ses
pieds et lui ai remis mon épée, je l’ai assis sur mon trône et me suis faite
serviteur et bouffon.
Je me suis perdue
en chemin. Quelque part sur la route, j’avais goûté à la joie de plaire, la
joie de voir le contentement et le plaisir dans le regard de l’autre. J’ai égaré mon âme pour conserver ce miroir, croyant que ma valeur résidait là.
Je me suis perdue
en chemin. Désarmée, vidée de toute énergie, j’ai participé à ma perte avec un
plaisir masochiste. J’ai ignoré les alarmes et je me suis moulée à celui que j’avais
choisi d’aimer, pour le garder tout près, ne pas le perdre.
Je me suis perdue
en chemin. Déplaire, fâcher, contrarier l’autre n’était pas une option. Une
crainte infantile de réveiller la violence de l’autre me faisait longer les
murs, dire oui quand j’avais envie de tout plaquer, négocier avec ma colère
pour la garder bien étouffée. Je me suis moi-même positionnée en victime, et
ensuite j’ai pleuré ses choix, ne prenant aucun blâme ni responsabilité, parce qu'une
victime, c’est irréprochable.
Je me suis perdue
en chemin et cette année, la vie m’a remise sur la route qui est la mienne. L’éveil
fut brutal, mais il est désormais bienvenu. J’avais oublié que j’ai toujours eu
le choix. Je m’en souviens maintenant. J’ai le choix de me retrouver et de
redonner à ma vie le sens profond qui dormait sous mes promesses d’amour.
Je me retrouve sur
mon chemin.
Ah tiens, t’es là
toi? Dis donc, je t’avais mise de côté, hein? Je te demande pardon. Viens, on va marcher.
Dis-moi, t’as envie de quoi, qu’on s’y mette? Il y a encore beaucoup de travail, mais on va y arriver!
À la bonne heure,
bonheur.
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