Je n’invente rien
en disant qu’un des plus grands défis du bien-être, c’est de trouver un sens à
sa vie. Quand on arrive à trouver une cohérence intérieure, il semble que les
eaux troubles deviennent cristallines et on ressent à ce moment une sensation
ronde, une plénitude psychique très particulière, même dans la douleur. Sachant
que cette sensation est possible, on s’en souvient dans les moments de tempête,
pour garder le cap. On sait qu’on y reviendra. On sait que la machine à faire
du sens est toujours en marche.
Les mots sont
générateurs de sens. Les mots sont porteurs de mes affects et de mon histoire.
Ils se sont inscrits dans ma tête à mesure que je mûrissais. Mes mots
signifient quelque chose pour moi. Tes mots se sont inscrits en toi alors que
tu vivais ton histoire et signifient quelque chose pour toi.
Si on a trouvé
un sens pour soi, on peut facilement tomber dans le piège d’étaler sa solution.
On peut avoir la prétention de croire que cette solution s’applique aux autres,
puisque ça a marché pour soi. Ça peut être une voie spirituelle, un recours à
la psychothérapie, un travail qui remplit, la pratique d'un art, d'un sport, une vie de famille qui stimule, etc.
Je vais donc te dire quelque chose que tu sais déjà, probablement : ce qui fonctionne
pour TOI ne fonctionne pas nécessairement pour MOI, et vice-versa.
Il est difficile,
le chemin de l’humilité et de la solitude. Lorsque je quitte mon espace
psychique pour essayer de comprendre comment tu perçois, j’entends tes mots,
mais JE NE SAIS RIEN. Rien du tout. Je peux avoir l’illusion de saisir quelque
chose parce que nous utilisons les mêmes mots, mais c’est TON espace. C’est toi
qui détiens ta propre machine à faire sens.
Si c’est toi qui
me parle, client(e), mon rôle est de comprendre quel affect tu lies à tes mots,
comment tu fais du sens, comment tu fabriques ton bien-être. Je m’expose donc
parfois à être choquée, désarmée, impuissante, en désaccord, limitée… Ami(e), si
je te donne un conseil, je te parle de moi, pas de toi. Je ne t’aide pas à
trouver ta voie, à écouter ta voix. Les conseils, je les perçois comme une prise en charge de l'autre. C'est rassurant, oui. Mais c'est infantilisant aussi. On n'a pas besoin d'être pris en charge, on a besoin de faire sens.
C’est toi qui
sais ton sens. Pas moi.
Moi, je sais pour moi et pour moi seulement.
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