Bon, ça suffit, la
grande. On va se parler, ok? On va se dire les vraies affaires.
Tu as existé avant
lui. Tu as construit des choses avant lui. Tu as déjà été bien. C’est le temps
de repenser à qui tu étais et de te relever. Là, si près du plancher, tu ne
vois que poussière et insectes. Si tu veux arrêter d’être fâchée tout le temps
et faire de la place au bonheur, il va falloir que tu travailles activement à
oublier. Je vais te dire certaines choses dures, mais c'est dans le but de t’aider.
Non, il ne
reviendra pas.
Oui, ta famille
est désormais brisée et ta réalité de mère sera de vivre une alternance entre
connexion et déconnexion avec tes enfants. Je sais, ça te fait chier. Mais tes
enfants ont un père et ce père veut s’impliquer. Tes enfants ont besoin de lui
aussi.
Non, il ne te dira
pas qu’il regrette, que tu lui manques et qu’il a fait l’erreur de sa vie. Ça n’arrivera
pas. Oublie ça. Tu te fais du mal en souhaitant qu’il endosse ta douleur.
Non, il ne réparera
pas la blessure qu’il t’a infligée. Comment le pourrait-il? S’il avait eu cette
sensibilité et cette capacité d’empathie au départ, il aurait été capable de
valoriser cette relation et il en aurait pris soin. Il serait peut-être quand
même parti un jour, mais il l’aurait fait dans le respect et d’une façon moins
souffrante pour toi.
Maintenant que c’est
dit, souviens-toi de qui tu es. Tu as traversé des champs de bataille, tu as
été blessée, mais tu t’es toujours relevée et tu t’en es toujours sortie un peu
plus détachée, joyeuse et philosophe. Tu les aimes, tes blessures, elles t’ont
donné ta sensibilité, ton empathie et ta capacité à aimer. Elles t’ont
humanisée.
Ce n’est pas vrai
que tu vas laisser ces événements te dérober la joie sincère et gratuite dont
tu as toujours été capable. Ce n’est pas vrai que tu vas te recroqueviller et
mourir en dedans, te fermer aux échanges et à la beauté des rencontres. C’est l’heure
de choisir entre la sagesse ou l’amertume.
Souviens-toi de ce
que tu faisais dans les périodes lumineuses. Tu méditais? Ben alors? Médite, si
ça te fait du bien! Tu t’entraînais, tu allais aux cours de Pilates? Go! Tu
écrivais? Check! Tu dansais? Bon d’accord, ta motivation n’est plus la même et
ta vie a changé, mais si tu le peux et que tu le veux, pourquoi pas? Tu
échangeais plein de paroles avec plein de monde et tu adorais les rencontres,
les grandes discussions jaillies de nulle part? Sors de chez vous! Tu as croisé
le regard de ce papa au cours de natation et ton cœur a vacillé? Parle-lui la
prochaine fois! Il est peut-être célibataire lui aussi!
Je ne te
permettrai pas de me faire du « oui, mais ». J’en ai assez au boulot, du « oui, mais ». C’est le temps de s’activer à fabriquer
ton bonheur et cesser de vouloir « qu’on » répare la perte, qui est
bien perdue, bien brisée. Même si l’enfant en toi a encore la pensée magique de
son prince qui revient avec de la colle psychique pour réparer les dégâts, ça n’arrivera
pas. Tu es une pas-pire maman pour tes enfants, pourquoi ne pas convaincre l’enfant
en toi que tu peux prendre soin d’elle, l’écouter, la prendre au sérieux,
essuyer ses larmes et son nez qui coule, sans la juger, sans la sermonner?
Et si tu te posais
les bonnes questions? Pourquoi es-tu allée vers quelqu’un qui ne savait pas t’aimer? Tu vois pas qu'il y a plus de pertes que de gains dans tes patterns amoureux? Tes patterns « inconscients » peuvent
bien exister, mais tu peux les déjouer, choisir, agir. C’est ça que tu as fait
quand tu lui as demandé de partir. Tu as refusé d’être le dernier dossier en
dessous de la pile, rôle que tu tenais depuis plusieurs années déjà, et pas
juste avec lui.
Il y a un paradoxe entre tes désirs et ta réalité amoureuse… Avoue-le donc, que tu voudrais être TOUT pour quelqu’un, que tu aurais voulu être tout pour lui. Ben oui. Ou en
tout cas, très importante, spéciale, digne d'intérêt et d'investissement… Pourtant, quand des hommes t’ont fait ce
genre de déclaration ressentie et sonnant-vrai, tu as tout de suite fui très loin, de peur d’avoir une
dette trop lourde envers eux. Comment tu expliques ça?
Sérieux. Sors de
chez vous! Active-toi à être le plus heureuse possible. La ligne du temps, elle ne se remonte pas.
Tu choisis quoi, la grande?
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