mercredi 11 décembre 2013

La vie, c'est maintenant

Bon, ça suffit, la grande. On va se parler, ok? On va se dire les vraies affaires.

Tu as existé avant lui. Tu as construit des choses avant lui. Tu as déjà été bien. C’est le temps de repenser à qui tu étais et de te relever. Là, si près du plancher, tu ne vois que poussière et insectes. Si tu veux arrêter d’être fâchée tout le temps et faire de la place au bonheur, il va falloir que tu travailles activement à oublier. Je vais te dire certaines choses dures, mais c'est dans le but de t’aider.

Non, il ne reviendra pas.

Oui, ta famille est désormais brisée et ta réalité de mère sera de vivre une alternance entre connexion et déconnexion avec tes enfants. Je sais, ça te fait chier. Mais tes enfants ont un père et ce père veut s’impliquer. Tes enfants ont besoin de lui aussi.

Non, il ne te dira pas qu’il regrette, que tu lui manques et qu’il a fait l’erreur de sa vie. Ça n’arrivera pas. Oublie ça. Tu te fais du mal en souhaitant qu’il endosse ta douleur.

Non, il ne réparera pas la blessure qu’il t’a infligée. Comment le pourrait-il? S’il avait eu cette sensibilité et cette capacité d’empathie au départ, il aurait été capable de valoriser cette relation et il en aurait pris soin. Il serait peut-être quand même parti un jour, mais il l’aurait fait dans le respect et d’une façon moins souffrante pour toi.

Maintenant que c’est dit, souviens-toi de qui tu es. Tu as traversé des champs de bataille, tu as été blessée, mais tu t’es toujours relevée et tu t’en es toujours sortie un peu plus détachée, joyeuse et philosophe. Tu les aimes, tes blessures, elles t’ont donné ta sensibilité, ton empathie et ta capacité à aimer. Elles t’ont humanisée.

Ce n’est pas vrai que tu vas laisser ces événements te dérober la joie sincère et gratuite dont tu as toujours été capable. Ce n’est pas vrai que tu vas te recroqueviller et mourir en dedans, te fermer aux échanges et à la beauté des rencontres. C’est l’heure de choisir entre la sagesse ou l’amertume.

Souviens-toi de ce que tu faisais dans les périodes lumineuses. Tu méditais? Ben alors? Médite, si ça te fait du bien! Tu t’entraînais, tu allais aux cours de Pilates? Go! Tu écrivais? Check! Tu dansais? Bon d’accord, ta motivation n’est plus la même et ta vie a changé, mais si tu le peux et que tu le veux, pourquoi pas? Tu échangeais plein de paroles avec plein de monde et tu adorais les rencontres, les grandes discussions jaillies de nulle part? Sors de chez vous! Tu as croisé le regard de ce papa au cours de natation et ton cœur a vacillé? Parle-lui la prochaine fois! Il est peut-être célibataire lui aussi!

Je ne te permettrai pas de me faire du « oui, mais ». J’en ai assez au boulot, du « oui, mais ». C’est le temps de s’activer à fabriquer ton bonheur et cesser de vouloir « qu’on » répare la perte, qui est bien perdue, bien brisée. Même si l’enfant en toi a encore la pensée magique de son prince qui revient avec de la colle psychique pour réparer les dégâts, ça n’arrivera pas. Tu es une pas-pire maman pour tes enfants, pourquoi ne pas convaincre l’enfant en toi que tu peux prendre soin d’elle, l’écouter, la prendre au sérieux, essuyer ses larmes et son nez qui coule, sans la juger, sans la sermonner?

Et si tu te posais les bonnes questions? Pourquoi es-tu allée vers quelqu’un qui ne savait pas t’aimer? Tu vois pas qu'il y a plus de pertes que de gains dans tes patterns amoureux? Tes patterns « inconscients » peuvent bien exister, mais tu peux les déjouer, choisir, agir. C’est ça que tu as fait quand tu lui as demandé de partir. Tu as refusé d’être le dernier dossier en dessous de la pile, rôle que tu tenais depuis plusieurs années déjà, et pas juste avec lui.

Il y a un paradoxe entre tes désirs et ta réalité amoureuse… Avoue-le donc, que tu voudrais être TOUT pour quelqu’un, que tu aurais voulu être tout pour lui. Ben oui. Ou en tout cas, très importante, spéciale, digne d'intérêt et d'investissement… Pourtant, quand des hommes t’ont fait ce genre de déclaration ressentie et sonnant-vrai, tu as tout de suite fui très loin, de peur d’avoir une dette trop lourde envers eux. Comment tu expliques ça?

Sérieux. Sors de chez vous! Active-toi à être le plus heureuse possible. La ligne du temps, elle ne se remonte pas.

Tu choisis quoi, la grande?

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