samedi 26 juillet 2014

La motivation dans l'amour

Ben oui toi. J’y pense ces temps-ci, toujours dans la foulée des grands bilans au sujet de l'amour. L’amour rêvé par l’infantile. L’amour fantasmé. L’amour dans le réel. L’amour chaos. L’amour incertitude. L’amour mélangé avec l’attrait de la chair. L’amour qu’on nomme amour juste pour ne pas être seul(e). Oserais-je m’avancer et répéter que l’amour, c’est quelque chose qu’on porte en soi, à partager et à donner? En tout cas, c’est ici que je me situe à l’heure actuelle.

Je vois passer beaucoup d’écrits sur l’amour. Beaucoup d’histoires, toutes plus intéressantes les unes que les autres. Ce qui retient mon attention, c’est le cri. La déception. Notre déception. Nous tous qui, un jour, avons idéalisé, érotisé, rêvé un amour qui n’a pas donné les fruits attendus. Mais quels fruits? L'autre est autre, bordel, pas un arbre!

Beaucoup se lamentent sur ce qu’ils n’ont pas obtenu ou vécu, mais assez peu trouvent la force de glorifier le fait d’avoir pris un risque, d’avoir essayé, sans garantie, sans maillon de sécurité. Oui oui. À moi la première pierre... Je me demande vraiment ce qui cloche dans notre temps amoureux. Il m’apparaît que beaucoup d’entre nous avons perdu le sens du travail d’équipe pour courir vers une certaine utopie, le regain du renouveau constant, l’humain comme un objet à consommer, jouir de ce qu’il nous apporte et passer au suivant pour jouir encore, et encore. J’entends des centaines de personnes lutter au quotidien et trouver ce quotidien plate et décevant, sans s’approprier le pouvoir du travail sur leur perception.

J’en viens à me demander quelle est la motivation de chacun dans sa quête amoureuse. Pour l’un, c’est de ramasser le miroir réparateur, la reconnaissance d’une valeur non bâtie de l’intérieur. Pour l’autre, c’est ne-pas-perdre. Tout ce qu’il fait n’est pas dicté par l’amour qu’il a à donner (il n'y en a pas), mais plutôt par la terreur-de-perdre, ce qui le rend assez vulnérable au jugement de l’autre et le précipite dans une ambiance malsaine dont il ignore la portée. Pour l’autre encore, c’est répéter le high des débuts, over and over again, parce que la « sécurité », le prévisible, ne sont perçues que comme des prisons inhibitrices et réductrices du soi…

Et si on se posait quelques questions très simples?

Est-ce que j’ai envie de me donner, de me dévoiler, sans garantie, sans filet?
Est-ce que j’éprouve du plaisir à donner ou suis-je anxieux-anxieuse, à craindre de perdre si fort que j’en perds le lien avec l’autre, que j’en perds le contact avec la réalité?
Est-ce que je m’aime suffisamment pour ne pas donner à l’autre le pouvoir de me détruire ou me construire?
Suis-je capable de ne pas exiger de l’autre qu’il devienne quelqu’un d’autre pour continuer à l’aimer?
Suis-je capable de faire équipe sans chercher à contrôler?
Est-ce que je pourrai tolérer l'incertitude qui vient avec le choix de s'engager?

Ça me semble si simple ici-dedans et là-dehors, c'est si compliqué.

dimanche 6 juillet 2014

Gros dilemme

Mon fils aîné part bientôt en France pour 3 semaines avec son père. J’ai un gros dilemme. Il faut dire que je suis un peu déchirée par ce départ. Non. Pas un peu. Beaucoup. Depuis que l’été est commencé, monsieur le père-de-mes-enfants a demandé 2 fois des changements à l’horaire pour camper avec fils aîné. J’apprends ensuite que c’est pour le faire avec madame-chose-blessure originelle, et ses enfants. Madame-chose est française. Donc, mine de rien, monsieur-le-père réclame son fils aîné plus souvent cet été pour passer du temps en famille reconstituée. Ben oui, ça me fait vraiment chier. Évidemment. Surtout que fils aîné, se découvrant des affinités avec fils aîné de madame-chose, dénigre et néglige son petit frère pour souhaiter passer plus de temps avec petit-issu-de-madame-chose. Étant moi-même l’aînée de 3, je comprends très bien l'idée... Comment lui en vouloir? Il veille à son intérêt et c’est bien plus amusant de passer du temps avec un enfant de son âge qu’un bambin de 2 ans… Mais je l’ai-tu dit? Ça me fait vraiment chier.

Mon dilemme est le suivant. Monsieur-le-père-de-mes-enfants s’attend à ce que je le reconduise à l’aéroport le soir du départ. Étant de nature gentille, ma première réaction est de vouloir le faire, embrasser mon fils, lui dire au revoir, être là. Mais c’est arrivé juste trop souvent que ma nature gentille soit confondue avec « paillasse ». J’ai une réserve. Pourquoi donc rendre service et faciliter un départ que je ne souhaite pas? Je suis ambivalente. Dire au revoir à mon fils et être fidèle à ma nature gentille ou préserver mon amour-propre et refuser? Surtout que ce soir-là, j’arrive en courant du boulot pour un rendez-vous très nécessaire avec ma psy et qu'en plus, j’ai mon plus jeune à ma charge… J’ai pas très envie de faire preuve d’abnégation. En fait, je veux pas le faire. Mais je pense à mon fils aîné, qui sera sûrement content et rassuré de me savoir là. Malheureusement, ce fils a un père que je souhaite oublier par-dessus tout et ça, ça complique les choses. Bordel de vie!

Comme c'est difficile parfois!

mardi 24 juin 2014

L'attachement

Quand on a étudié en psychologie, on a appris la théorie de l’attachement. En bref, c’est le type d’attachement qu’un enfant développe avec son parent. Cet attachement peut être sain, c’est-à-dire sécure, ou plus problématique (évitant, ambivalent, désorganisé). Je ne suis pas ici pour parler psychologie, mais c’est le mot « attachement » qui me vient en tête quand je pense à ce qui me préoccupe ces temps-ci. La garde partagée. Ruptures dans le lien. Éloignement. Perte de la continuité. Détachement. Attachement.

On peut bien dire youpi-j’ai-du-temps-pour-moi et en tirer tous les avantages possibles, il reste que mon fils vient de terminer sa première année scolaire et aujourd’hui, en regardant son porte-folio, j’ai réalisé que je n’avais pas du tout été attentive au processus. J’ai vu les progrès à petites doses, chaque 2 semaines, mais ce matin, j’avais l’impression de voir pour la première fois les talents et réussites, défis et obstacles vécus par mon fils.

Je ne suis pas là comme je voudrais. De semaines en semaines, je les accueille et leur dis au revoir.

L’enfant que je retrouve n’est pas le même que celui que j’ai quitté et chaque fois, c’est comme si nous devions refaire la trajectoire de l’attachement pour nous retrouver au moment présent. Je sens de façon presque physique le moment où nos regards se croisent et le courant passe, nous nous reconnaissons enfin, nous repérons dans cette relation si importante...

Les petits ne retrouvent pas non plus la même mère lorsqu'ils reviennent. Je suis souvent stressée, pressée, préoccupée, dépassée, débordée par une culpabilité viscérale de ne pas être suffisamment présente. Je rêve de leur retour et quand ils sont là, souvent j’aimerais pouvoir profiter du beau de la maternité sans toute la discipline et l’encadrement. Je voudrais juste les aimer et que ça suffise. Utopie. Je sais.

Maintenant que j’ai deux enfants et que je suis seule avec eux quand ils sont là, je n’ai plus la patience que j’avais avec un seul enfant. Ce soir, j’ai dû asseoir mon petit dernier qui prend un malin plaisir à détruire les constructions de Lego de son grand frère. Comme il n’obtempérait pas, je l’ai obligé à rester assis en lui tenant le bassin fermement et j’ai parlé trop fort. C’était limite violent et j’ai pleuré ma vie après qu’il soit allé au lit. Il a 2 ans. Il apprend. Je me sens souvent trop fatiguée, dépassée, écoeurée, désinvestie pour me souvenir qu’il est tout petit et qu’il apprend. J’ai oublié qu’à 2 ans, on détruit pour comprendre comment c’est fait. Pour avoir du pouvoir. Pour jouir de provoquer une réaction. ET on teste sa figure principale d’attachement, pour se confirmer qu'elle est solide.

Je sais que les parents pas séparés font face à des enjeux similaires. Mais ça me préoccupe quand même. Pas tant le fait que mes enfants vivent cette réalité, puisqu’on s’adapte à tout. C’est plutôt le fait que moi je m’adapte et qu’en retrouvant un espace à moi, parfois je ressens la présence des enfants comme une intrusion et je ne suis plus la mère que j'étais. Je me demande même ce qui est arrivé à ma motivation.

Quand ça fait plusieurs jours qu’ils sont avec moi, ils font à nouveau partie de toutes les équations, je retrouve l'espace mère, je recommence à me sentir adéquate. Puis leur départ. Encore. Déjà? Même surmenée. Même fatiguée. Aouch. Chaque fois.

J'aime pas ça. Bon.

mardi 13 mai 2014

Disposable human beings

Ben oui, ça sort en anglais. Des fois, je trouve que certains mots ont plus de poids dans une autre langue. Le mot « trash », par exemple.

Je vais bien, mais je constate une transformation et je suis surprise par l’intensité de certaines de mes réactions. Il fallait peut-être s’y attendre quand on sait additionner action avec réaction. Voilà, j’ai une colère au fond de moi. Cette colère englobe plein de choses : la survalorisation de l’enveloppe au détriment du dedans, l’utilisation d’autres êtres humains pour grandir et les jeter après usage, notre manie culturelle d’être des femmes complexées quand nous sommes merveilleuses, l’élan de fuir nos émotions négatives, la compétition malsaine, l’égoïsme et autres froideurs qui déshumanisent…

Il m’arrive d’être profondément découragée et de chercher le cœur. Plusieurs fois dans ma vie, j’ai rencontré des hommes qui m’imposaient leur femme idéale. Plusieurs fois dans ma vie, j’ai quitté des hommes parce qu’ils ne correspondaient pas à mon homme idéal. Puis j’ai grandi. La thérapie aidant, j’ai rencontré le monstre calculateur en moi-même et j’ai réalisé que ça m'est arrivé d'utiliser des gens pour combler mes carences, puis de les jeter lâchement après usage. C’est un peu plus complexe que ça, il y avait une sainte terreur de l’intimité mêlée à tout ça, mais en gros c’est ça.

Il suffit d’un rien, je l’ai déjà dit... Dimanche, jour de la fête des mères, mon fils appelle son père de mon cellulaire, alors que nous roulions vers la maison. Son père passe le téléphone aux enfants de l’autre femme, fiston jase avec eux. Du coup, j’apprends qu’ils ont des beaux plans pour la journée. J’entends presque le bruit du grincement dans ma cuirasse et ça part dans ma tête : « Ben voyons, il va manger au putain de marché Jean-Talon avec ELLE et SES ENFANTS, lui qui m’a contemplée avec un regard sans âme durant toute notre foutue vie de couple chaque fois que je lui proposais d’y aller? »

C’est là que tu vois que même si tu fais des efforts pour ne pas nourrir la haine, c’est bien difficile d’être séparée et de partager la responsabilité parentale. Je voudrais ne pas savoir, ne pas le voir, ne pas être obligée de lui parler. Ça me fait juste mal.

C’est terrible quand on reste avec la blessure, sans aucun espoir de réparation. Il reste une dette en suspens, qui ne sera jamais remboursée. Il a brisé notre relation, n’a jamais cherché à réparer quoi que ce soit et s’est lancé dans sa nouvelle aventure sans un regard en arrière. C’est à moi de ramasser mes pots cassés, d’essayer de ne pas devenir une femme amère et acariâtre. Une danse, deux pas en avant, un pas en arrière, on essaie de garder le tempo...

Disposable human being. That’s me. Is it?

Ouais ouais, je sais je sais...

Je sais ce que je vaux, mais je ne le sens pas tout le temps…

vendredi 2 mai 2014

Les 3 chapeaux

Piétonne, cycliste et automobiliste. C’est dans les deux derniers chapeaux que je vis le plus de peur. À vélo, peur de me prendre une portière en plein corps, peur de me faire accrocher par une voiture ou un camion. Sidérée par le non-sens de certains passages, comme celui sous la voie ferrée sur Clark qui devient St-Urbain de l’autre côté. Il y a une rampe à gauche spécifiquement pour les vélos, mais ça nous oblige à rouler sur la gauche de la rue à partir de Beaubien pour aller la chercher et je me sens beaucoup moins en sécurité à gauche qu’à droite. Mais si on reste à droite, alors on bloque la voie de droite sous le viaduc et on se met à risque d’être happé, comme la victime de cette semaine, sur St-Denis. De l’autre côté du viaduc, la voie cyclable (à droite) débute à Bernard, donc on roule à gauche si on a emprunté la voie cyclable, bloquant la voie de gauche pour les automobilistes. N’importe quoi! La rue Saint-Denis, c'est encore pire, les médias en ont parlé beaucoup cette semaine. Personnellement, j'ai banni cette option depuis belle lurette, même si ça me fait faire des détours.

Lorsque je suis au volant, j’ai peur. Peur d’accrocher un cycliste ou une autre voiture, en me tassant pour faire de la place aux cyclistes. Ceux qui remontent Saint-Laurent du sud au nord en voiture savent de quoi je parle! Il n’y a plus qu’une voie pour rouler, au « milieu », car certains cyclistes, se trouvant ralentis par la quantité importante d’autres cyclistes à droite, décident de prendre la gauche pour aller plus vite. Ça coince les voitures au centre, et moi j’avance à 30km/h, le cœur battant et la peur au ventre… Puis je me dis : « de la marde, je prends mon vélo pour aller travailler demain, ce sera moins compliqué » et c’est vrai que ça l’est, sauf qu'on sent qu'on exaspère les gens au volant... On essaie de s'en foutre et de ne pas se faire frapper.

Ça fait un bout de temps que j’ai ce texte en tête. Je constate que nous avons un problème de cohabitation et d’infrastructure. Par exemple, il manque une piste cyclable dans l’axe sud-nord à l’ouest de Saint-Laurent ou même sur Saint-Laurent. Et non, je n’irai pas sur Avenue du Parc. Mon ancienne élève de danse y est morte l’année dernière. Une mort brutale, injuste. Une portière ouverte au mauvais moment, un autobus et elle au milieu. Ça fait mal, cette mort. Depuis la naissance de mes enfants, je suis passée de la cycliste arrogante qui faisait du slalom entre les voitures sur Saint-Laurent à la maman au casque qui emprunte les pistes cyclables et fait tous ses stops, feux rouges et angles morts. La piste cyclable sur Boyer me fait vivre des frustrations innommables, à cause de l’achalandage (les véhicules motorisés des personnes âgées, qu’est-ce qu’ils foutent là??? Les ados en skate-board qui roulent en tas, bloquant les deux voies, wtf???) + autres anecdotes d’impolitesse entre cyclistes (j’ai mon fils sur un banc de vélo, mais ça ne veut pas dire que je roule pépère, en fait j’ai un très bon rythme, mais les ceuzes qui portent le « kit » avec le sifflet dans la bouche, prennent pour acquis que je vais lentement et ils essaient de me doubler, puis m’engueulent pcq je ne les laisse pas passer WTF on roule à la même vitesse????).

Euh…

Ben c’est ça.

On a un problème. Un vrai problème.

Possible que chacun sous son chapeau croit que la route lui appartient et a du mal à partager. Possible que nous soyons tous, par moments, des enfants de 3 ans qui veulent le même jouet et qui se croient le centre de l’univers. Tassez-vous, je passe. Problème d'attitude aussi? Heureusement, il reste du civisme et de la cordialité entre usagers de la route, des regards s'échangent et s'entendent pour veiller à la sécurité de tous.

Pis tsé, tant qu'à changer les sens uniques sur le Plateau, pourquoi ne pas prendre une rue complète pour en faire une rue cyclable qui traverserait la ville? La rue Saint-Hubert, tsé genre, depuis les changements sur le Plateau, elle pourrait très bien servir à ça, elle est pratiquement désertée maintenant ;)

mardi 15 avril 2014

Il suffit d'un rien.

Un rien. Vraiment. Genre jeter un coup d’œil sur sa paperasse d’impôts, les reçus de physio, les reçus de psy, réaliser qu’on a compté sur un remboursement qui ne viendra pas suite à un malentendu avec l’ex, devoir renoncer à un projet de voyage pour cette raison. Pas rien. Mais pas grand-chose non plus. Il y a pire.

Reste que ce petit rien me remet la perte sous les yeux. Perte de la famille que j’avais envie de créer, famille réparation, famille unie. Perte de l’amour. Perte du lien si familier avec cet autre que je connaissais mieux qu’il se connaît lui-même. Perte des rires partagés en regardant nos enfants grandir. Perte de mes enfants en continu, au quotidien.

Ce petit rien m’a fait revivre en 20 minutes les 2 dernières années de ma vie, de façon aussi intense, mais tout en condensé. Un deuil, ça ne va pas en ligne droite. On peut y revenir et retrouver la même tristesse, la même rage, la même envie de blâmer l'autre et le damner, la même amertume. On lève le couvercle. On se laisse traverser par les émotions. On fait des liens. Tous mes âges intérieurs se confondent et se jasent. Contempler les grandes failles, toujours les mêmes. Mettre des mots, ça panse… Puis revenir au présent. Comprendre.

Tout un cheminement et pas des plus simples. C’est un choix que je fais. Certains surfent, moi je plonge, je cherche le fond qui me servira d’appui pour remonter et je remonte tout le temps. Dans ce plongeon, de si grandes et belles découvertes, des failles et zones abyssales, des bêtes angoissantes.

Chaque fois, j'ai peur. Chaque fois, je suis contente de l'avoir fait.

mercredi 9 avril 2014

L'allaitement

Maintenant que mon petit dernier a 2 ans et que la poussière post-séparation retombe, que je vois cette nouvelle vie montrer sa lumière et que j’arrive à sourire au renouveau, j’aimerais vous parler de mon expérience avec l’allaitement.

C’est un sujet sensible, avec lequel je bataille encore. Un espace où se mélangent colère, culpabilité et impuissance. Je vais ouvrir mon cœur et risquer d’aller à contre-courant, pour dire ma vérité. Mon espoir est de dénoncer un en-train-de-devenir TABOU.

Enceinte de mon premier enfant, j’avais ce fantasme de la mère aux seins débordant de lait, qui, par son nectar humain, allait faire grandir et grossir son poupon, le sourire aux lèvres et la joie au cœur. Tout de suite après la naissance de mon fils, j’ai dû apprendre qu’il y avait une façon de prendre le sein, que le bébé devait l'apprendre, mais j’ai surtout appris que dans mon cas, même si la prise était bonne, ça allait me faire mal pendant 8 semaines. C’est affreux d’entendre tout le monde te dire que « ce n’est pas supposé faire mal si la prise est bonne », de les inviter à vérifier, de les voir constater que bébé travaille bien et de rester perplexes. Une infirmière a même sous-entendu que j’étais peut-être « un peu douillette » (est-il utile ici de souligner que j'ai eu mes deux enfants sans péridurale ni aucune forme d'anesthésie?). Bébé pleurait, je le mettais au sein à la demande et c’est moi qui pleurais de douleur. Mais je persévérais. Entre le deuxième et troisième mois de vie de mon fils, j’ai goûté au bonheur, finie la douleur, bébé qui prend du poids. Entre le troisième et le quatrième mois, j’ai senti un changement. Je faisais tout comme on me disait, je me reposais en même temps que le bébé, je le portais beaucoup en écharpe (j’adorais ça!), je mangeais et buvais suffisamment, je mettais de la musique douce, restais détendue… Bébé était constamment au sein et ne semblait jamais rassasié. J’ai attendu, croyant (après plusieurs appels au CLSC, à Nourri-Source et la ligue La Leche, visites d'infirmières et de marraines d'allaitement, etc.) que c’était une poussée de croissance, mais je le voyais maigrir. J’ai essayé d’augmenter ma production de lait de plusieurs façons, mais ça ne semblait rien donner. Je commençais à m’inquiéter et ne recevais aucune autre information que celle-ci : « madame, continuez à allaiter! ».

Vous n’avez pas idée de la culpabilité, du silence et de la honte. Surtout quand ton entourage (aussi grano que toi) renforce tout ça, en supposant que tu dois être stressée, que tu as dû faire de quoi qui a diminué ta production, que ÇA SE PEUT PAS que ta production de lait cesse.

BEN OUI, SACRAMENT, ÇA SE PEUT!

Mais ça doit être de ma faute, hein? Du stress, oui, de voir mon fils pendu à mon sein jamais rassasié en train de maigrir à vue d’œil, ça stresse une maman, ça. Voilà, tout s’explique? Je ne pense pas.

Au rendez-vous de 4 mois avec la pédiatre, elle a regardé son poids, m’a dit qu’il était revenu à son poids de 10 jours de vie, s’est levée et est revenue avec une boîte de lait en formule. Très doucement, elle m’a dit que je pouvais continuer à allaiter, mais que je devais compléter avec ça. Elle m'a dit qu'il arrivait plus fréquemment qu'on pense que la production de lait des mamans chute ou cesse. Je me suis mise à pleurer. Jamais de toute ma vie je n’ai ressenti un aussi grand sentiment d’échec. Jamais. Mon fils avait eu faim pendant 3 grosses semaines et j’avais écouté la mafia de l’allaitement au lieu de le regarder, lui, et de m’écouter, moi.

Voyez-vous, j’y ai beaucoup pensé depuis. L’allaitement, c’est quelque chose de puissant. En ce moment, la pression est forte et la culpabilité très grande quand ça ne fonctionne pas. Je me suis beaucoup interrogée, ai soulevé des enjeux très profonds dans mes eaux intérieures, repensé à cet homme qui m’a touché les seins quand j’avais 9 ans en se frottant sur moi, revisité ma relation avec ma mère et ses couleurs d’attachement évitant face à son rejet et sa déception à ma naissance. Face au fait que ma mère m’a toujours dit sur un ton de reproche et de fascination à quel point j’étais un poupon insatiable et qu’elle avait commencé le « Pablum » à 8 semaines pour me faire taire.

Peut-être que ce n’était pas du lait que je voulais, maman? Ton odeur, ta chaleur, ton amour, peut-être? Mais ça, c’est une autre histoire…

Je m’exprime aujourd’hui pour essayer de faire quelque chose de créatif avec cette culpabilité innommable, cet échec rendu plus difficile par le regard des autres, le jugement silencieux, l’étonnement un peu méprisant…

J’ai allaité avec bonheur mon deuxième enfant jusqu’à 5 mois ¾, mais à partir de 4 mois, j’ai vu le même phénomène se répéter et je ne me suis pas posé de questions, je lui ai donné des bananes écrasées, de la courge et de la courgette en complément, je suis allée acheter de la formule quand j’ai vu que je n’avais plus de lait en après-midi et j’ai allaité jusqu’à ce qu’il ne reste plus une goutte. J'ai privilégié la nourriture avant la formule et il a bien grandi, bien grossi et très bien digéré ce que je lui donnais.

J’ai bien vu le regard un peu peiné de certaines. J’ai décidé de l’ignorer, pour me préserver. Je les ai laissées blâmer ma séparation, mon stress, ma peine. J’ai décidé de voir le beau côté des choses (plus de liberté, une maman souriante, possibilité de boire du vin, etc.) et surtout, de regarder mon bébé. Lui, qui s’attrapait les pieds pour se mâchouiller les orteils, le ventre plein, le sourire facile et les vocalises charmantes qui remplissaient la maison.

Voilà ce que j'avais à dire sur mon expérience de l'allaitement.

mardi 25 mars 2014

Endommagés

Nous sommes tous endommagés. La vie passe sur nous et laisse des traces, des sillons, des brèches… Dans mon travail, on entend cette question plusieurs fois par jour : « SUIS-JE NORMAL(E)? ». Criante préoccupation des jeunes qui appellent, écrivent ou textent. Au premier conflit, à la première déprime, la première rupture amoureuse, le premier moment d’anxiété, on voit ces jeunes vouloir éradiquer l’ennemi et projeter hors d’eux ces états, ces émotions. Comme si nous étions des parfaites petites créations que la vie venait pourrir. Il est peut-être là, le problème. Peut-être. Dans cette perception de soi comme d’une machine endommagée, à réparer. Et malheureusement, pour certains, il arrive que les dommages soient là, bien réels, bien difficiles, voire impossibles à surmonter. Dan Bigras l’avait écrit, dans son film « La rage de l’ange » : « des fois, il y a juste trop de dégâts ».

Je pense à cet homme dont le père a été assassiné par fusillade alors qu’il avait 2 ans et dont la mère s’est ensuite remariée avec un homme violent. Je pense à son enfance marquée par la faim et la maltraitance. Cet homme, c’est mon père. Je me suis souvent demandé qui il aurait été si ces événements n’avaient pas marqué son identité d’un fer rouge.

Nous n’arrivons pas tous égaux dans cette vie. Non.

Les épreuves arrivent, laissent des traces et nous nous réorganisons autour de celles-ci, parfois avec une défensive efficace pour-ne-pas-ressentir, parfois avec un art de faire porter nos fardeaux par les autres, parfois avec abandon, parfois avec l’espoir que quelqu’un, quelque part, viendra effacer tout ça et nous réparer, parfois en faisant du sens par l’art, la spiritualité ou les sports… Autant de façons de s’approprier les épreuves qu’il y a de personnes qui perçoivent…

Je partage cette réflexion suite à une conversation avec un ami. Nous parlions d’une expérience récente, dans laquelle je me suis sentie comme une personne endommagée à réparer et j’ai détesté l’expérience. Je me suis sentie habitée par une forte pulsion de destruction. Je n’ai pas aimé cette sensation de prise en charge. Ce qui paraissait être un souci bien altruiste, je le percevais comme une invasion de mon intimité.

Ça a été concluant : je ne suis pas encore prête à m’investir dans une relation engagée, tout simplement. J’ai peut-être juste envie de m’amuser.

Savourer mon imperfection.

Et c’est très bien comme ça.

mercredi 19 mars 2014

Journée de marde

Tu te réveilles et déjà, tu es en beau tabarnak. Tu sens une vague pression en dedans qui crie JE VEUX JUSTE RIEN FAIRE, bon. Rien. Pas de responsabilités. Pas d’obligations. Mais bon, tu as des enfants. Faque tu te lèves. Ça avance au ralenti ce matin, tu choisis de laisser les enfants déjeuner devant un truc « éducatif » sur youtube et tu te prends ton café en jouant à Candy Crush Saga, espérant que cette humeur poche sacre son camp… Ben non. Pis tu te sens poche de te sentir poche.

Comme tu es au ralenti, les enfants le sont aussi. Faut courir après le plus jeune pour lui changer sa couche, il est 7h46. Faut être dehors à 7h56 pour arriver à l’heure à l’école. Tu as demandé au plus vieux d’aller mettre son habit de neige (hiver = wtf no comments) et tu le trouves bien zen en train d’assembler ses Lego. Tu pètes ta coche, parce que tu es de mauvaise humeur. Ça sort tout croche, genre « on va être en retard à l’école et ce sera parce que tu ne m’as pas écoutée quand c’était le temps de m’écouter ». Ouais ok, ça aurait pu être pire, mais ça pourrait être mieux aussi. Pfff.

J’ai pas fini de déjeuner, pas pris de douche, j’ai envie de hurler, mais je me contiens, on part et on marche vite. On arrive tout juste à l’heure. Je présente des excuses à mon aîné de m’être énervée, lui souhaite une belle journée…

Dans l’auto vers le cpe, bébé a une routine : il hurle en enlevant mitaines, chapeau et cache-cou, le temps que ces damnés objets lui résistent. Dès qu’il a réussi, il dit « Voilà » sur un ton de triomphe et devient d’une humeur charmante. D’habitude, je trouve ça cute. D’habitude.

Il y a un trafic inhabituel ce matin. Je réalise que c’est à cause d’une personne qui conduit à 20 km/h, 8-10 autos plus loin. Juste pour faire exprès, une autre personne roule à 35 km/h sur la voie de gauche, 4 autos devant. À droite, il y a un autobus. Bon ok, c’est un de ces matins où il semble que l’univers conspire pour te faire chier, déjà que c’est pas la joie, ta colère semble tout trouver sur son chemin pour gronder et grandir…

En rentrant de la garderie, tu as une tonne de choses à faire. Tout le monde pense que tu es en congé, parce que tu ne travailles pas aujourd'hui. Ce n’est pas un congé, ce n’est jamais un congé. Tu appelles pour prendre rendez-vous pour les enfants avec leur pédiatre parce que tu as oublié de le faire et que les deux sont plus que dus pour un check-up. Le plus vieux n’aura plus de pompes bientôt, il faut s’en occuper. On te dit que l’horaire de la pédiatre pour NOVEMBRE n’a pas encore été donné par la pédiatre, rappelez la semaine prochaine. Je bouille en dedans. Je vais faire quoi, moi, si le grand fait une crise d’asthme? Grrrr.

Il y a des travaux en cours dans la maison. L’homme à tout faire prépare son stock pour finaliser la pièce en bas / ancien bureau de ton ex (là où il a passé des heures à chatter avec elle, pendant que je dormais en haut, enceinte jusqu’aux oreilles pfff). Je veux que cette pièce ait une nouvelle vocation, en finir avec les mémoires sombres et les regrets. L’employé m’appelle, il y a de l’eau qui coule le long du mur et une petite flaque par terre, juste en dessous de là où se situe l’évier de la cuisine. Grrrrr.

Ça fait 2 semaines que tu prévois aller porter ton vélo pour le tune-up annuel. Tu as regardé sur le site web, tu as téléphoné pour savoir l’heure d’ouverture : 11h. Tu te pointes à 11h15, c’est fermé.

Ben tsé tu quoi? Fuck off. Je m’en vais chez le coiffeur! 

mardi 11 mars 2014

Passer à autre chose

C’est fou comme il peut y avoir du poids dans certaines expressions. Ou comme on peut parfois les entendre mille fois avant de les poser sur une balance et saisir tout le relief caché dans ces simples locutions. Tsé là, comme le fameux « lâcher-prise ». Eh bien moi aujourd’hui, ce que j’entends dans ma tête, avec mille papillons, petite vallée printanière et soleil aveuglant, c’est ça : PASSER À AUTRE CHOSE.

Avoir fait son deuil. Retrouver la vie. Retrouver l’espoir.

Avoir entendu le cocon craquer et pouvoir déployer ses ailes pour de nouvelles découvertes. Chérir ce nouveau regard plus riche d’expérience qui saisit la beauté et la fugacité des moments. Prendre des risques. Savoir reconnaître certains patterns et les refuser quand on les sait destructeurs. Ne plus accepter de contenir les éléments toxiques des autres, pour les autres. Assumer cette décision.

Ça parle de tempête de neige encore pour demain et pourtant, je sens la sève monter dans mon âme et je me sens comme une jeune fleur, renouvelée, vivante, prête pour du nouveau.

Prête à passer à autre chose J

mercredi 5 février 2014

Petit billet humoristique sur l'amour vs. le quotidien

Quand on est jeune, on pense à l’amour et on a cette idée qu’il suffit de s’aimer pour que tout fonctionne. On apprend vite que ce n’est pas le cas. On apprend vite que dans une relation, il y a des moments de malaises, de désaccords, d’incompréhension, de remise en question… On apprend aussi qu’on peut travailler, essayer de se comprendre, trouver un terrain d’entente, négocier, avancer…

Dans le quotidien, la monotonie peut vite nous aveugler et nous déconnecter l’un de l’autre, surtout quand il y a des enfants, surtout quand ils sont tout petits. Pourtant, dans ce même quotidien familial, il y a quelque chose de très précieux : l’entraide, l’équilibre. Par exemple, un travaille plus, l’autre met plus de temps sur les tâches ménagères et la cuisine, on se partage les lifts des enfants, les mille et une obligations liées à la propriété, aux véhicules (quand il y en a), les rendez-vous médicaux, etc. Cette entraide est aussi financière, ce n’est pas surprenant que les séparations laissent des plaies ouvertes dans les finances des deux partenaires, c’est une institution qui prend fin!

Après la séparation, le père de mes enfants et moi nous sommes retrouvés avec 100% du poids des obligations, une semaine sur deux. J’avoue que si j’apprécie les quelques moments de solitude fertile que beaucoup de parents à plein temps n’ont pas, les semaines avec enfants sont vraiment intenses! Imaginez, juste pour le fun, que j’aie oublié d’acheter du lait et que je m’en rende compte juste avant le souper. Il faut habiller les deux loulous, cela implique de gérer un rebelle de 23 mois qui refuse absolument d’enfiler son habit de neige et qui me le démontre en faisant une arche vers l’arrière ou en faisant le « mou » (avez-vous déjà essayé d’habiller un ver de terre avec des vêtements de Barbie? Ça vous donnera une idée…), de tolérer les récriminations critiques de mon grand de 6 ans qui n’a pas trop envie de bouger, de sortir à l’épicerie, gérer les demandes des enfants qui voudraient acheter tout ce qui est sucré, de faire semblant de ne pas voir la baboune du plus vieux qui avait BESOIN de sa tarte au sucre, bon. Déjà essouflé(e)? Et j’ai juste raconté 10 minutes de la journée J

Heureusement, je passe une partie de mon temps libre durant la semaine sans enfants à faire des réserves pour ne pas avoir à vivre ça trop souvent. N’empêche… Pas parfaite, la mère, et c’est une chance!

Bref. Cette entraide, cette répartition des tâches, ça me manque. En fait, ça me manque durant la semaine avec enfants. Durant la semaine sans, ouf, quel silence et quelle joie de me faire un horaire de loisirs et de rencontres! Quel bonheur ce célibat!

Je me suis demandée ce que je ferais si quelqu’un s’intéressait à moi et qu’il m’intéressait également… Sans blague, moi qui ai toujours valorisé la passion, la sexualité, la liberté individuelle, je me surprends à m’imaginer lui faire passer un questionnaire, oui oui, un questionnaire!

Question 1. Lorsque tu vois un sac de poubelle plein, quelle est ta réaction?
Question 2. Il y a de la neige, tu vois une pelle. Que fais-tu?
Question 3. Le siège des toilettes, c’est quoi ta position philosophique par rapport à ça?
Question 4. Comment évaluerais-tu ton habileté avec la technologie?
Question 5. Aimes-tu la viande et es-tu bon avec un BBQ?
Question 6. Te sens-tu capable d’être présent sans trop te mêler de l’éducation de mes enfants?

C’est fou! Moi, l’intellectuelle, l’existentielle, la grande amoureuse, j’aurais envie d’un partenaire du quotidien. Fuck les grands frissons. Fuck les beaux ténébreux à sauver de leur noirceur. Fuck les situations inutilement complexes.

Je ne cherche pas, de toute façon ;)

mardi 28 janvier 2014

La peur

Hier en voiture, j’ai senti la peur en restant prise dans la neige, à donner du gaz en vain dans une côte sans que ma voiture bouge. En fait, elle glissait sur le côté et j’ai craint un accrochage. Heureusement pour moi, un homme est venu s’offrir pour pousser la voiture et me dégager. Merci à cet inconnu, ouf.

J’ai senti la peur dans mon corps, le cœur qui bat dans les tempes, le stress qui mobilise mes sens pour réagir au danger, les mains et les pieds froids, le mal de ventre... Tout en ressentant cela, j’étais comme à l’extérieur de moi, observant avec un détachement amusé cette preuve que je suis en vie, puisque toutes sortes d’états et d’émotions traversent mon corps… Reconnaissante...

Ce qui m'a frappée à ce moment-là, c’est que lorsque je dis « j’ai peur » dans la vie de tous les jours, en fait, je n’ai pas peur du tout! J’ai réalisé que lorsque je dis « j’ai peur », c’est souvent une construction de mon esprit qui prend vie, mais mon corps, lui, ne dit pas la même chose. Il faut voir combien nous sommes à avoir peur, subjectivement peur. Peur de s’engager. Peur de se regarder en face. Peur de se rendre compte qu'on est l’artisan de son propre malheur. On dit « j’ai peur », mais peur de quoi au juste? Peur de vivre? Peur d’avoir mal?

Et si avoir mal était la preuve que nous sommes bien en vie?

Et si avoir mal était le début des plus belles et des plus grandes transformations, en faisant le choix de travailler activement sur ses perceptions?

En comparant la sensation bien réelle de peur que j’ai ressentie hier dans mon corps avec ma peur subjective, je réalise que quand je dis "j'ai peur", j’ai surtout envie d’essayer. Par exemple, j’ai peur que mes enfants se sentent abandonnés. Erreur. J’ai surtout envie d’avoir mon espace à moi, même quand je suis avec eux. J’ai peur de me mettre en colère quand je côtoie une certaine personne. Erreur. J’ai envie de lui dire ce que je vois et de la laisser cheminer avec ça.

Plus tôt dans ma vie, j’avais écrit sur un bout de papier : peur + désir = mensonge. Est-ce qu'on s'enfarge dans l'auto-mensonge quand on se fait croire que notre désir est une peur? La peur, le désir, la même chose? En tout cas, c’est ce que mon psy me disait il y a quelques années et je l’avais trouvé juste baveux et provocateur. Oups. Je comprends maintenant.

Et vous? Quand vous dites que vous avez peur, prenez-vous la peine de sonder votre corps? Le danger que vous craignez est-il réel? Vous arrive-t-il de passer à côté d’une opportunité parce que vous avez peur? Peur de quoi?

Peur de vivre?